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Ici repose Marilyn Monroe 97-62-92*

Osons !

Outrance – allant parfois à l’outrage – c’est peut-être le titre qui convient le mieux à notre chronique d’aujourd’hui. Marilyn fut outrageusement photographiée et démesurément exhibée et on alla jusqu’à publier son portrait post mortem, je vous conseille de ne pas le voir. On ne cessa depuis sa disparition de publier sa biographie autorisée ou romancée. De son vivant certains l’avait trouvée une simple vision qui s’estompera d’elle-même avec sa vie, d’autres y décelèrent une personnalité déroutante que personne n’a comprise ni essaya de comprendre. Presque tout avait été dit à son sujet et elle semble avoir usé tous les photographes qui ont cru la capturer.
Je ne pourrai pas photographier Marilyn mais je tenterai un portrait écrit…dommage…pour elle.

Marilyn par Henri Cartier Bresson 1962

Monroe fut une sublime tragédienne qui n’avait pas raté sa sortie. Imaginez-vous une Marilyn âgée de 83 ans, tout comme un James Dean grand père ou un Gérard Philippe doyen des acteurs ? Évidemment, c’est facile d’affirmer cela après que ces stars eurent brillé au fermement puis ont dramatiquement disparu. Leur mort subite avait tout de suite transformé en mythe absolu leur circonstancielle célébrité. C’était le prix à payer.

Marilyn par Bruce Davidson 1962 (photo 6)

Séances
Le jour du tournage de la scène de Sept ans de réflexion, où Marilyn se pavane sur une bouche d’aération, un chroniqueur avait remarqué que : « Si Manhattan était envahi par les Soviétiques personne ne s’en rendrait compte », tant il y avait foule sur le set de tournage. Son époux Joe Dimaggio cloitré, à quelques pâtés de maison dans sa chambre d’hôtel, était fou de rage.

Marilyn Monroe pendant la réalisation de l’image de l’affiche Sept ans de réflexion. Photo DR 1955
Marilyn par Phillipe Halsmann 1955 (photo 5)

Au retour elle se fait sérieusement réprimander et la décision fut prise qu’il valait mieux se séparer. Pourtant selon son Fan club, Marilyn aurait offert en guise de cadeau de noces à son époux une photo d’elle nue réalisée par Kelley Tom, il savait donc à quoi s’en tenir !!! Épouser une femme aussi fascinante n’était pas de tout repos !!! Le constat aurait était le même s’il s’agissait de l’épouse de Marlon Brando, de Brat Pitt ou de Paul Newman.

Marilyn par Inge Morath.1962 (photo 2)

En épousant un champion adulé puis un écrivain célèbre tout en étant (!) l’amie intime d’hommes politiques ; elle ne fit que concrétiser les rêves de la moitié de l’humanité. Chaque femme ne rêve-t-elle pas de vivre avec un homme riche, intelligent et puissant ?…dans l’impossibilité de trouver ces qualités réunies chez un seul homme (!), Marilyn comprit ce qu’il lui restait à faire. Avec un sublime corps, un sex-appeal sans pareil et un air de fashion-victim inimitable elle incarna les phantasmes de l’autre moitié de l’humanité. Cela ne pouvait pas continuer ; porter sur ses frêles épaules une aussi grande responsabilité. Deux ouvrages (**) qui lui on été récemment consacrés portant le même titre – l’un au singulier l’autre au pluriel – pourraient résumer la singularité de sa vie. Elle vécut entre deux séances ; la photographique et la psychanalytique. Elle se donnait à l’une comme à l’autre sans compter, le divan du psy s’utilisait aussi par le photographe pour la commodité de la pose.

Marilyn par (et avec) Eve Arnold.1962 (photo 1)

Marilyn Monroe, vie et mort d’une image
Est-ce un pléonasme d’affirmer que la plus grande star du cinéma américain que fut Marilyn Monroe a été l’actrice la plus portraiturée ? Je suis tenté d’entreprendre une étude sur la manière dont elle avait été vue. Elle pourrait être la seule personne à être photographiée à la fois par Henri Cartier-Bresson (***), Eliott Erwitt, Inge Morath, Philippe Halsman, Eve Arnold, Bruce Davidson, Richard Avedon, Cornell Capa, Sam Shaw, Bert Stern, Kashio Aoki, George Barris, Alfred Eisenstaedt, Milton Green, Allan Grant…Avec elle comme postulat, le portrait comme constance et les manières de la photographier comme inconnues…il y a là de quoi batir une théorie.

Marilyn par Burt Glinn 1962 (photo 4)

Si Eve Arnold a réussi à dénicher la femme en Marilyn,(photo 1), Inge Morath (qui rencontra Arthur Miller l’ex-mari de Marilyn sur le tournage des Misfits et l’épousa plus tard ) est allée à la rencontre de l’enfant qui s’y cache (photo 2), Cartier-Bresson dans une photo d’une rare virilité a résumé son irrésistible magnétisme (photo 3). Burt Glinn dans une photographie prise à la dérobée, sans l’artifice des accessoires ni l’éclairage travaillé de studio, montre une Marilyn époustouflante de charisme (photo 4). Halsman reprend à sa manière le thème de la robe au vent (photo 5)! Alors que Bruce Davidson en une seule photo a tout dit à propos de sa popularité (photo 6). Voilà donc une problématique toute prête pour les étudiants en Beaux-Arts en mal de sujets de thèse.

Marilyn par Henri Cartier Bresson 1962 (photo 3)

D’autres photographes, aussi bien amateurs que professionnels se sont bousculés pour avoir le plaisir de la photographier. Pendant sa courte existence elle fut l’incarnation d’une image. On peut voir sur le net des milliers de photographies de Marilyn Monroe mais je trouve que celle qui résume le mieux sa célébrité, et non sa personnalité réelle, fut réalisée paradoxalement par un graphiste de Life. De son vivant déjà, Marilyn a fait la couverture de plus de 1500 magazines de par le monde. Pour le soixantième anniversaire de ce magazine paru en octobre 1996, Rob Silvers reproduit le portrait de Marilyn en usant de quatre cents couvertures. Marilyn qui semblait nue, même quant elle était vêtue, fut de cette manière habillée par Rob Silvers. C’est l’image qu’on a voulu donner d’elle ; un revêtement, un emballage, un décor de western. Mais elle…elle demeure une énigme, faussant compagnie à toute tentative d’explication.

Marilyn par Rob Silvers pour les 60 ans du magazine Life. Octobre 1996


Les photographies faites de Marilyn Monroe ne sont pas à proprement parler des portraits. Ce sont des “Photographies de Marilyn” alors qu’elles prétendaient être des “Marilyn Photographiée”. Warhol, Halsman et tant d’autres, peut-être fascinés par l’extrême beauté plastique de leur modèle n’ont fait que passer à côté de leur sujet, Life ne faisant que pousser cette logique de l’incompréhension à son comble. Comme une photographie, Marilyn paraissait sans épaisseur alors qu’elle cachait une complexité inaccessible. Bien qu’intégralement exhibée elle ne manqua pas de mystère. Tout comme une image, elle suscite encore passions et tentatives d’explications.

Marilyn par Cornell Capa 1962

Les dernières séances
Jamais la notion de “Projet photographique” n’aura une signification aussi puissante que ce jour de juin 1962 à l’hôtel Bel-Air de Los Angeles. Un face à face entre le photographe Bert Stern et Marilyn Monroe. Rendez-vous pris dans l’intention manifeste de dresser
“Un Portrait définitif” de la star. Imaginez la scène, une chambre d’hôtel, tout ce qu’il y a de plus anonyme et de banal, la plus adulée des actrices de cinéma, avec quelques accessoires et un photographe. Lors de cette gargantuesque séance de prise de vue, 2568 clichés en noir et blanc, 372 en couleurs furent réalisés. Cela fait exactement 245 rouleaux de 12 poses. Les chargements et déchargements de l’appareil sont en soit une performance. Le reportage commandité par la revue Vogue étaitsous presse “, selon la formule consacrée, quand les agences de presse rapportèrent la nouvelle : Marilyn Monroe s’est suicidée. De cette ultime séance, testament en images d’une existence outrageusement vecue sous les projecteurs, il ne subsistera qu’un ouvrage intitulé tout simplement “Marilyn Monroe”; un album de quatre cents soixante quatre pages illustrées de deux cents soixante photographies et, fait rarissime, de cent quarante planches contact…et les souvenirs de Bert Stern. Bert Stern a voulu faire le remake de cette dernière séance 46 ans plus tard, pour le New York Magazine, en compagnie de l’actrice américaine Lindsay Lohan dont le parcours chaotique lui a semblé rappeler celui de Marilyn. Mais comme toujours les copies sont toujours peu ressemblantes avec l’original.
L’écrivain américain, Truman Capote, avait rapporté cette incroyable histoire à propos de Marilyn : « un jour qu’il l’avait vue assise pendant des heures devant son reflet. Il lui avait demandé ce qu’elle faisait, et elle avait répondu : «Je la regarde»».

Marilyn par un photographe anonyme, date inconnue. Photo DR

Effectivement, seule Marilyn Monroe pouvait voir de près Norma Jeane Mortenson (son vrai nom), néanmoins le personnage – fait de paillettes, de secrets et de paraitre – avait trop collé à sa peau, a vouloir l’arracher elle s’écorcha vive !!! Quoi qu’il en soit il y avait eu meurtre ce soir -là du 2 juin 1962 à Beverley Hills…Norma ôta la vie à Marilyn, ou l’inverse… victime du syndrome de Dorian Gray.

Hamideddine Bouali
29 mars 2009

(*) En 1955, Marilyn suggéra que son épitaphe fût : « Ici repose Marilyn Monroe, 97-62-92 », comme si elle était consciente que le mythe qu’elle fût n’avait pas besoin d’état civil mais de ce qui lui a valu sa notoriété et ce que l’on retiendra d’elle…ses mensurations !!!
(**)« Marylin. Dernières séances » de Michel Schneider (Gallimard – Folio 2008) et « La Dernière séance » de Bert Stern (Gallimard 2006).

(***) Les membres les plus prestigieux de l’agence Magnum se sont déplacés sur le set du film The Misfits : Neuf grands photographes – Eve Arnold, Cornell Capa, Henri Cartier Bresson, Bruce Davidson, Elliott Erwitt, Erich Hartmann, Ernst Haas, Inge Morath et Dennis Stock – furent ainsi les témoins privilégiés d’un film en train de se faire.
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Juxtapose With You

Went to Bristol for a conference and managed to make time for a few photos.

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La maison aux tapis

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La porte et les tapis

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« La chronique XXXIII refusée par le comité de lecture »

Mon père corrigeant cette chronique. Photo Hamideddine Bouali. 26 octobre 2008 à 19h30

Une correction méritée !!!
Habituellement je donne à mon père mes textes à corriger. Il s’y attelait à l’instant où je lui tends les feuilles imprimées, jamais de manuscrits à cause de mon écriture parfois illisible. J’ai tendance à croire qu’un texte tapé à la machine et a fortiori produit par une imprimante moderne donnait l’impression que c’est un travail sérieux, ne comportant pas de fautes minables : celles concernant l’orthographe. Ce préjuge n’en est pas un en réalité. Un texte écrit sur un ordinateur permet effectivement d’éviter de commettre ces fautes, le correcteur orthographique intégré les souligne en rouge, il suffit alors de lui demander, sans gentillesse particulière, de les rectifier.
Mon père me donnait l’impression qu’il attendait cet instant avec impatience…il m’avait un jour fait entendre qu’il trouvait un plaisir à me lire et je considérais cela comme une marque d’affection paternelle plutôt qu’un éloge à peine voilé de mes compétences littéraires. Et s’il m’interpelle pour me dire : « quand est ce que tu vas me donner un texte à corriger ? » je ne retiens que le dernier mot et je ne peux pas esquiver l’idée qu’il est un (ancien) instituteur et moi (toujours) un élève. Bref , dès que les feuilles sont en sa possession, il s’empresse d’aller chercher son stylo, n’importe lequel fait l’affaire, met ses lunettes ; monture noire à la Kissinger qui font très années soixante et lecteur qui, à force de lire devient myope, puis incline le buste. Mon père lit en corrigeant simultanément, un vrai reflexe de correcteur. N’importe quel texte sur n’importe quel sujet : il y va sans une humeur particulière ou une curiosité de lecteur. Au même moment, je feins de ne pas le voir à l’œuvre…comme si j’étais résigné à empocher la sentence que je mérite.
Parfois quand une phrase s’étire en longueur, comme celle-ci, il la suit du bout du stylo comme s’il suivait un sentier ne sachant pas où il pouvait bien mener, à ce moment précis, moi, j’ai le cœur qui bat de peur de le voir raturer, biffer ou comble de malheur le voir se tournant vers moi pour me dire : « cette phrase est à reformuler ». Dois-je consulter un spécialiste, ophtalmologue ou psy, si je vous confie que je n’ai toujours vu dans le terme littérature que les trois dernières syllabes ?
Ma mère, longtemps à ses côtés, s’enquérait avec impatience de l’état d’avancement de la correction et il lui arrivait de demander : « alors !». Mon père, imperturbable, répondait presque machinalement : « il a un style particulier et des trouvailles intéressantes, et les fautes sont surtout des coquilles tout à fait bénignes ». Je prenais toujours, la question comme l’interrogation d’une jeune mère à-propos d’un bambin qui commence ses premiers pas et la réponse ; celle d’un pédiatre rassurant : « évidement qu’il marchera correctement, après ces titubations, ces tangages incontrôlés…un jour il marchera comme tout le monde », c’est difficile de recevoir des compliments d’un parent.
Instituteur de la vieille école et journaliste prolifique, il se contente de souligner, raturer, noter dans la marge. Il ne fut presque jamais question de styles, de niveaux de langues ou de champ lexical. Il cessa de répéter que mon français s’apparentait à celui pratiqué par les francophones hors métropole (Canada, Belgique et Suisse). Ainsi mon père parlait en général jamais d’un texte en particulier…Il corrige… point barre.

Histoire d’une chronique abandonnée
Très rarement j’envoie mes chronique à d’autres personnes dont mon frère-jumeau (celui qui vient de se lancer dans l’écriture des romans : « Safieddine Bouali : Sur les traces de Columbia… »).
La chronique XXXIII intitulée : « L’édifice immense du souvenir » que je lui ai envoyée il y a une semaine m’a été renvoyée avec ce commentaire : « Je ne retrouve pas l’artiste dans cette chronique. Où est ta verve ? Très en dessous de tes performances…Lourde, trop longue, cette digression. Ennuyeuse sans aucun doute. Même ton souvenir d’enfance n’a pas réussi à m’attendrir (sic). On comprend vite que le vrai sujet se trouve dans le dernier paragraphe, tout ce qui précède n’étant qu’une trop longue introduction…Mérite une vraie réécriture. Brutale ma critique ? Non. Seulement sincère ».

Brutale ? Non ! Mais voila !!! Un membre de mon comité de lecture a brandi son veto. C’est que mon jumeau se penche sur un texte avec un regard différent et complémentaire à celui du paternel. L’âme d’un papier, son équilibre, ses justes proportions, sa cohérence, il les scrute en un jet… Il les scanne ! Mais je me suis senti comme arrêté intempestivement par un feu rouge alors que je roulais hautainement dans une Rolls ! Cela était inattendu !

Alors je me suis demandé si le puits s’est tari ? Me-suis éloigné de mon sujet de prédilection – la photographie – pour atterrir je ne sais pourquoi sur la surface de la Lune (chronique XXXII), pour commenter un cent mètres même s’il s’agit d’un record du monde (Chronique XXVII) ou pour évoquer la citronnade de Ghar el Melh, aussi succulente fut-elle (les trois Chroniques publiées après les Rencontres) ?
Pour ma défense, à part la rentrée photographique fêtée symboliquement à Beit el Bennani et l’hommage rendu à Kahia, rien ne se passe (encore)…Mais soyons optimiste.
Objection votre honneur !!! Les événements photographiques ne manquent pas. Le Mois de la Photo de Paris, la rétrospective Richard Avedon à Arles, la Photokina à Cologne…susciteraient de longs commentaires pour un chroniqueur même légèrement inspiré. Alors qu’est ce qui se passe docteur ? Est ce que c’est grave ?


Heureux événement
Il se peut que l’arrivée imminente d’un appareil photo dans le foyer a bouleversé – non pas les habitudes on n’est pas encore là mais cela va venir – mon appréciations des choses. Peut-être que je suis redevenu visuel et beaucoup moins littéraire. Je sais que je vais devoir m’expliquer sur ce point. Je pense que ceux qui sont pourvus d’une certaine sensibilité peuvent facilement changer de moyens pour exprimer cette émotivité. Que de poète-photographes, de peintres-écrivains, de cinéastes-dramaturges ont alternativement composé, écrit, réalisé ou peint sans efforts particuliers. Il suffit d’une technique à apprendre puisque l’essentiel – le désir irrépressible d’en parler – est là. Ces individus ont utilisé des vecteurs différents pour incarner des émotions. J’ai lu Zola et vu ses photographies…la même minutie et une semblable volonté d’exhaustivité dans les Rougon-Maquart ou dans ses photographies de Paris. Tiens ! Une belle étude comparative à mener.
Sachons raison garder ! Ni mes chroniques, ni ma photographie ne sont en rien comparable à celles du chef de file des auteurs naturalistes. Bien que l’appareil de la photographie d’aujourd’hui est plus proche d’un clavier et d’un écran d’ordinateur, au point qu’il est considéré comme un de ses nombreux périphériques, que du télescope et du microscope comme ce fut le cas jusqu’à récemment, il est hasardeux de faire ressembler l’acte d’écrire avec celui de photographier. Chacun ayant sa propre logique de fonctionnement, son mode opératoire et surtout sa gestion du temps.

Même s’il est possible de faire le parallèle entre une planche-contact dont on ne garde qu’un photogramme et la liasse de brouillons dont on ne conserve qu’une belle page pas trop gribouillée, il est par contre exagéré de n’y voir autre chose qu’une simple analogie. Les rushs jetés à la poubelle après le montage d’un film, les répétitions au théâtre sont aussi le côté coulisse invisible aux profanes. Chaque moyen d’expression possède ses rites, ses habitudes et ses particularités. Les comparaisons ne sont qu’un raccourci cahoteux. La photographie, l’écriture, le cinéma, la poésie, le théâtre sont des mondes à part et ceux qui excellent aussi bien là qu’ailleurs sont de vrais virtuoses.
Il se peut qu’à mesure que je photographie je perde le plaisir d’écrire. Où bien que j’associe modestement le bonheur de photographier avec la joie d’écrire ! Qui sait de quoi demain sera fait ? Nous autres humains sommes à la merci d’une envie instantanée ou d’un coup de cœur infini ! Mais n’anticipons pas, je suis encore à taper sur mon clavier ce 26 octobre. Il est temps de revenir à l’heure d’hiver, c’est l’adieu définitif à l’été 2008. Vivement une exposition à critiquer, un photographe à encourager, une tendance à encenser et un fait à commenter.

Si vous êtes curieux de lire la chronique XXXIII où j’évoque Blanche-Neige, Charles Trenet, Jean-Paul Gaultier et Proust vite e-maillez-moi avant que je ne la jette à la poubelle de mon pc !!!


26 octobre 2008
Hamideddine Bouali

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La ruelle aux tapis

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nous empruntons toujours les mêmes routes ...

Hier, Brad a reçu la visite de Jack. Ces deux-là se connaissent depuis toujours ou presque (plus précisément une cocasse affaire de revente de matériel tatapoumesque).

Même s’ils ne se voient pas souvent, ils ont toujours autant de plaisir à manger une pizza trop cuite, boire des bières tièdes, fumer des cigarettes en se racontant des histoires à deux balles.

Ils sont nostalgiques des nuits d’été passées dans ces tours à composer sur un vieux "4 pistes" des chansons pour des filles imaginaires. Depuis les baies vitrées de l’appartement à la moquette verte et aux murs … verts …, ils aimaient particulièrement les couchers de soleils inouïs sur la sortie de la ville, mettre un disque de pavement, american music club ou jason falkner, et se consoler de quelques dépits amoureux.

Reviens vite, Jack …

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Saint Malo - Plage du Sillon # 3

to be compared with …

j’entends déjà Doo me dire "c’est pas avec ça que tu vas taper l’explore, mon lapin" …

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Magistral moment décisif

Contrairement à ce qui pourrait paraître, Je n’ai jamais établi un plan pour rédiger un texte. Je ne me place devant mon écran d’ordinateur que si des idées se sont déjà présentées. Devant une page blanche, je tape frénétiquement sur le clavier, puis dans un second temps je remédie aux répétitions, je peaufine l’introduction et je fignole la fin. Ce qui explique, en partie, la longueur de mes textes…et leur faible fréquence. 
Mais aujourd’hui je ferai une exception. Les chapitres suivants sont liés, l’un au suivant, par une attache logique. Ce sont les événements qui ont voulu cela. 
Qu’est ce qui pourrait relier Cartier Bresson, le dernier appareil photo de la marque Sony, les jeux de Pékin, la pleine Lune et moi ?

Le siècle de Cartier-Bresson
Que de photographes, le sont devenus en rencontrant l’œuvre d’Henri Cartier Bresson ? Il mérite largement le titre de photographe pour photographes. Aujourd’hui, le 22 aout 2008, la fondation qui porte son nom et le monde de la photo auquel il a rendu d’éminents services fêteront le centenaire de sa naissance. En 1947, il fonde l’agence Magnum avec Robert Capa, George Rodger, David « Chim» Seymour et William Vandivert. L’esprit agence naquit avec cette coopérative de photographes. Le respect de la mention complète (nom, agence, date, lieu) et de l’intégrité physique d’une photographie ont été la marque de fabrique de cette agence.
HCB est incontestablement le photographe le plus cité dans les histoires de la photographie, celui auquel on a dédié le plus de monographies, celui qui fut le plus imité. Quand on ne peut nommer qu’un seul dramaturge on cite Shakespeare et si aucun nom de photographes ne vous vient à l’esprit il est rare que celui de Cartier Bresson ne soit pas l’exception. 

Première photo de Henri Cartier-Bresson/Magnum Photos. Gare Saint Lazare 1932
Parce que ses photographies sont une matérialisation du temps, elles sont plus naturellement mémorisables. « L’homme qui saute par-dessus une flaque d’eau », c’est sa première photo, sa première marque au feutre fluo sur le cardan de l’horloge du XXe siècle. Siècle qu’il a le mieux portraituré. Son Å“uvre est une éphéméride faite de coïncidences anecdotiques, d’accords entre le moment et le lieu, un album photo situé entre, ceux réalisés par deux autres métronome-arpenteurs :Lartigue et Doisneau. Son moment décisif – devenu beaucoup plus qu’un style ou une démarche – fait désormais parti de la photographie elle-même. Son Å“il est devenu au cours du siècle dernier un piège à providence. 

Un moment décisif 
Souriez ! Keep smiling ! Cheeeese ! Aya adh’hak ! Chaque pays avait sa formule pour signifier au sujet de présenter un visage jovial à l’objectif. Sony (Les Cyber-shot T2, T70 et T300) est allé au-delà de cela. Il suffit que vous souriiez en face du détecteur, qui porte évidement ce nom, pour que l’appareil se déclenche automatiquement. La captation de ce moment décisif n’est plus l’apanage du photographe ni à la merci de sa dextérité. Non ! Dorénavant l’appareil photo équipé de ce dispositif le fera pour vous. Un senseur en forme de rectangle allongé disposé en bas du viseur – au niveau du visage – attend que la lumière réfléchie de cette zone augmente. Les dents, renvoyant beaucoup plus la lumière que la peau, asservissent ainsi le déclencheur. 
Les gens de Sony ont-ils oublié qu’il ne suffit pas que les dents soient visibles pour que l’on soit content. D’ailleurs « montrer ses dents » c’est être en colère. Bref cet automatisme le «Smile Shutter» vous permettra d’attraper les moments fugaces, même si vous souffrez de tremblote, de distraction maladive ou d’un manque inné d’attention.  

Les jeux olympiques de Pékin
Au début du mois de mai, j’ai acquis chez un bouquiniste un livre à propos de la chronophotographie. Cet ouvrage édité sous les auspices du CIO est un petit trésor d’information. Il évoque les manières de chronométrer les épreuves sportives. Une technique photographique au service du sport.  
Je regarde comme tout le monde les J.O. de Pékin et étant viscéralement anti-violent – peut-être parce que je suis né et j’habite à la rue Gandhi !!! – je préfère les sports sans adversaires mais avec concurrents. Le surpassement de soi n’est-il pas plus sain que le désir de gagner au dépend d’un vis-à-vis ? Tient ! Qui a eu l’idée de désigner la boxe « Noble art » ?
La natation, la gymnastique et surtout l’athlétisme retiennent particulièrement mon attention. L’épreuve reine demeure le 100 mètres. Plusieurs photographes ont, eux aussi, trouvé ce sprint photogénique. D’abord quand on est bien situé on brasse des yeux facilement la totalité du parcours. Le fait de se mettre en face vous donne une vue tout aussi intéressante. Au stade c’est l’unique course plate se déroulant entièrement en ligne droite. En plus le cent mètre ne dure qu’une poignée de secondes et se joue au 100e de secondes…Tout cela est spectaculaire.

“Runners at Millrose Games” de Ralph Morse.1954. The LIFE Picture Collection
Ralph Morse, un photographe qui faisait partie du staff du magazine Life a réalisé une prouesse technique remarquable le 2 janvier 1954. Il photographia trois phases décisives de la même épreuve – le départ, la mi-course et l’arrivée – en les éclairants, tour à tour, au stroboscope.

Et moi…
Les athlètes étaient aux starting-blocks, chacun avait son tic, son grigri à toucher, son rituel à respecter, sa prière à réciter… Coup de feu du starter, déjà l’arrivée et un record du monde à la clef. Pourquoi j’évoque cela ? Les moments décisifs cela ne concerne pas uniquement les instantanés de Cartier-Bresson, nos vies sont remplies de coïncidences que nous appelons par paresse ; chance, hasard, providence et qui sont bien évidement autre chose que le fruit d’un dé jeté. 
Pour les grands événements qui ont d’une manière ou d’une autre marqué l’histoire récente de l’humanité ; la première bombe atomique sur Hiroshima, l’Assassinat de JFK, l’homme sur la Lune, Le Tsunami de 2005… et ce record du monde qui restera – on lance les paris ? – imbattable pour bien longtemps, chacun se rappellera où il était et ce qu’il faisait. 
Usain Bolt a un centième de seconde de la ligne d’arrivée.
samedi 16 aout 2008. (AP Photo/Ricardo Mazalan)
La ressemblance avec la 1ere photo de Cartier Bresson est saisissante !

Ce samedi 16 Aout 2008, et pendant ces 9’’69, j’étais avec quelques badauds sur le seuil d’un restaurant populaire de la Médina de Tunis…et vous ? 
J’ai confondu les fuseaux horaires. J’avais cru que la finale du 100 mètres se courait tard le soir !!! Mais en passant à côté d’une gargote à la Kasbah (médina de Tunis) je vis une foule essayant tant bien que mal de regarder une télé minuscule. Je tendis la tête et j’aperçus les préparatifs de la finale du cent mètres. Je n’ai rien fait pour être présent, mais je le fut quant même…aucun nom dans la langue française ne désigne cela.

Hamideddine Bouali 22 aout 2008

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Mahdia : Maison du Tapis

www.ipernity.com/doc/22603/slideshow/album/73675

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«Abdelhak Ouertani :< ?xml:namespace prefix = o />

Premier diplômé tunisien de photographie en 1894»


Dans une vie, il nous arrive de rencontrer des gens, dont on ne sait plus depuis combien de temps on les a rencontrés. Pour moi, Mohamed Bennani fait partis de ceux-là. Je ne me rappelle plus quand est ce que j’ai enjambé pour la première fois le pas de sa charmante maison. Dans ce patio ensoleillé où il lui arrive souvent de s’élancer – comme un gosse à qui on demande de ramener son adorable peluche – pour chercher un vieux livre de la chambre d’à côté. Son café turc servi brûlant, ou le thé – à volonté- à peine sucré ponctue des discussions toujours passionnées à propos de tous ce que qui concerne les livres, la photographie, la culture et l’histoire. L’Histoire que Mohamed Bennani respecte et se met en colère dès que l’on en parle sans références. Aujourd’hui Mohamed Bennani cultive un look assez particulier, j’hésite sur la ressemblance : de face il pourrait jouer le rôle d’Alfred Einstein, de profil il a du Robespierre dans le port de tête…en tout cas il ne vous laissera pas indifférent. Les étudiants le sollicitent pour son inestimable soutien moral et intellectuel, les autres pour sa bonhomie et son large savoir des livres et son intimité avec la Médina de Tunis. Les expositions « Anonymes » de la présente édition ainsi que celle consacrée à l’oeuvre de Mustapha Bouchoucha l’année précédente sont le fruit d’une collaboration enrichissante pour nous deux. J’ai profité de ces fréquentes visites pour l’interroger.

Hamideddine Bouali : « quelle est l’obsession du collectionneur ? ».

Mohamed Bennani : « je suis plutôt obnubilé par les vieux livres, mais en ce qui concerne les photos je suis en train d’apprendre leur langage, leur technique…C’est pour cela que je tiens à participer à cette manifestation, une occasion inespérée de rencontrer l’élite de la photographie tunisienne et des photographes étrangers non moins intéressants.


H.B. : « Collectionner est ce que c’est faire l’histoire d’une certaine manière? ».

M.B. : «Oui, effectivement, faire des recherches à propos des photographies, c’est bien les regarder : discerner les détails, localiser le lieu, situer la date, chercher l’auteur, trouver le procédé…c’est très instructif et assez passionnant. Souvent ce travail de longue haleine réserve de joyeuses surprises. Je suis sur les traces du premier tunisien diplômé en photographie. En 1894 (oui vous avez bien lu !) Abdelhak Ouertani part à Lyon – là où les frères Lumière ont établi leur usine – et en revient photographe. Il s’aventure dans le sud tunisien, direction le Soudan, avec le Marquis de Morès. Il succombe avec tous les membres de l’expédition à un dramatique guet-apens. Dix ans plus tard, des voyageurs qui vont sur les lieux du massacre, mettent la main sur des débris de plaques de verres photographiques au lieu dit El Ouatia ».


H.B. : « Ce Abdelhak Ouertani, dont vous m’avez souvent parlé, serait rien de moins que le premier photographe tunisien et arabe patenté, ce qui est une grande découverte pour tout ceux qui tentent de rédiger une histoire de la photographie tunisienne. De quels autres trésors disposez-vous ?».

M.B. : « J’ai le fonds entier de Gilbert van Raepenbusch (un photographe professionnel qui fut en activité en Tunisie dans les années cinquante et soixante), d’une importante partie du reporter photographe tunisien Kalaï et de l’intégralité des négatifs de Mohamed Ben Ammar Ben Youssef. L’édition précédente des Rencontres rendit hommage à Mustapha Bouchoucha dont je suis le dépositaire de la quasi-totalité de la photothèque. Et puis je dispose de quelques clichés du XIXe siècle de Garrigues et Soler.


H.B. : « Que pensez-vous des Rencontres après avoir assisté à trois éditions dont une fois comme exposant ? »

M.B. : « Les Rencontres ont su créer une ambiance sympathique, elles sont utiles pour connaitre les gens du métier, les tables rondes sont instructives, les soirées à Sidi Ali el Mekki succulentes…je souhaite une longue vie aux Rencontres et au et au travail des animateurs qui est unique en Tunisie ; diaporama, journal… sous oublier la qualité du catalogue édité chaque année et ce journal qui est d’un grand intérêt ».

Entretien paru dans le N° 4 du Corsaire

Quotidien des Rencontres Internationales

de la Photographie de Ghar el Melh

du 30 juin 2008

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Citronnade, Nénetses et coup de soleil (suite et fin)

L’aventure du Corsaire
Pour la troisième année consécutive Ghar el Melh se voit affublé d’un quotidien, le seul organe de presse que ce village a connu. Évidemment cette feuille de chou est partiellement rédigée quelques semaines à l’avance. Avec tout ce qu’il y a à faire ou à superviser, il ne pouvait en être autrement. Et puisque je ne me voyais pas signer tous les articles que j’écrivais, je me suis amusé à attribuer à quelques un des auteurs différents. Mon père qui me relit et me corrige m’a ainsi fait remarquer que de mes deux filles – Jenaina (13 ans) et Fatma (11 ans) – c’est la benjamine qui fait le moins de fautes, en sachant pertinemment que le cancre en accords de verbes et en grammaire c’était bien moi ! Je suis allé cette année à Ghar el Melh en bus, et pour occuper mes deux charmantes filles, je leur ai demandé de lire chacune l’article qu’elles ont – soi-disant – rédigé. Ajoutant que : « au cas où on vous interrogerez vous trouverez quoi répondre ! ».
Écouter Fatma lire pour la première fois le mot « Da-gue-rré-o-ty-pe » dans un bus cahotant avec une chaleur caniculaire cela me rappelle la série de sketch d’Eric et Ramzy : « Ce soir nous allons ensemble apprendre un mot, ce mot nous ne le connaissons pas, ni vous ni nous…».
Le café en face du fort est devenu le siège de la rédaction du Corsaire. Tout le monde y a mit la main. André Marzuk a évité bien des lourdeurs en suggérant des raccourcis stylistiques à quelques minutes du bouclage. Ma sœur Houbeb (née Bouali) Khéchine – qui se vante d’être l’épouse et la sœur de deux réceptionnaires du prix nationale de la photographie – a joué aux reporters et ces trois enfants à l’intendance. Marianne a – entre une interview et une visite guidée – relu sans avoir eu le temps de tout corriger, d’où quelques coquilles.

Super Ali, Anissa joli cœur et Système imeD
Ali, coiffeur de son état, est là depuis les premières éditions. Affable, prévoyant…il te tend un café avant même de l’avoir demandé, une poignée de clous d’accrochage alors que les photos n’ont pas encore été encadrées, il est l’archétype du bénévole : il est là avant tout le monde et attend que l’on soit tous rentré pour quitter les lieux. Que ferions-nous sans notre super Mario ?
Elle est venue spécialement de Paris, pour être de la partie et soutenir son cher papa. Anissa Jabeur possède de son père l’art de la négociation, et de sa mère le sourire. Effectivement ces Rencontres sont en quelque sorte une affaire de famille, sinon cela ne marche pas. Anissa venait souvent me voir, et quand elle est à un mètre de moi je n’ai jamais deviné si elle va m’annoncer une bonne nouvelle ou alors l’imminence d’une catastrophe. Chaque manifestation a besoin d’une Anissa pour tempérer, atténuer et sauver une situation soit par un sourire dévastateur ou une diversion très diplomatique.
On lui a confié la responsabilité la plus courte en durée mais la plus difficile. Imed Belhassen s’est occupé de la restauration et du logement.
C’est la seule fois où le resto n’a pas eu de problème d’approvisionnement. Imed prévenait le cuistot : « aujourd’hui nous seront 36 à déjeuner et 41 à dîner », il ne se trompait que rarement et même si le compte n’était pas bon c’est que quelques uns ont mangé pour deux ! Populaire la soupe !
Le soir venu, le voir errer d’un bungalow à l’autre – avec sous le bras matelas et oreillers – essayant de loger tout le monde bien que le temps de sommeil pour la majorité d’entre nous se comptait non pas en heures mais en minutes, me faisait de la peine. Certain jour cela tiendrait du casse-tête d’une souris de laboratoire dans un machiavélique labyrinthe. Il s’en est sorti avec brio.

Astronomes ! À vos yeux
Aucune journée de travail n’était possible sans l’idée que cela finirait les pieds dans l’eau à Sidi Ali el Mekki. Ce moment de repos était nécessaire, après avoir tant discuté, marché, accroché des cadres, tapé sur le clavier, résolu des problèmes. Couché sur le dos – à même le sable – le spectacle, gratuit et d’une rare beauté, s’offrait à qui voulait le voir. Mon neveu, Mohamed Ali, féru d’astronomie, ne trouvait pas ses mots le premier soir. A Tunis ; La Grande Ourse, l’Étoile polaire, Alpha du Centaure étaient bien visibles mais ici à part les stars, les figurants aussi furent invités sur scène. Ils étaient – presque tous là – à se pavaner devant ce fabuleux décor, jouant au funambule sur la Voie Lactée…certaines ont perdu l’équilibre…vite un vÅ“u !!!
Le clair de lune éblouissant dans cette obscurité totale, donnait à la plage un éclairage féerique. Les couleurs n’étaient plus colorées, une agréable sensation de présence des êtres et des choses avait pris leur place. La meilleure preuve de cette impression, c’est la difficulté de se rappeler ces images là, il n’en reste que des émotions. Je me souviens avoir dit – alors que notre astre de la nuit était à son premier quartier : « tant que la photographie ne peut pas restituer cette atmosphère, il y aura toujours des moments à vivre et non à photographier ».

Parler et s’enrichir ou se taire et méditer
Dans ces nuits-là chacun avait son rituel. Certains étaient assoiffés de parler : je fus témoin d’une grande discussion à propos du pluriel de ciel. Ciels ou cieux ? Trente cinq minutes d’échanges d’idées lumineuses…dommage personne n’a pris note.
D’autres ont retroussé leur pantalon, trempant leur corps jusqu’au mollets et se sont dit : « je suis…ici » à l’instar de Hela ou de Hejer. Rabaa prit l’habitude de cheminer en longeant puérilement les premières vagues, Rania regardait l’horizon sans voir ni le ciel ni la mer…l’horizon comme simple ligne, l’horizon comme trait. Aux premières heures de la journée, Natalia noyait sa fatigue dans cette mer paisible, accueillante et régénératrice.

Fatal Erratum
C’est la première fois que l’on me confie la conception du catalogue des Rencontres. Le mois de mai fut intense en échanges – par e-mail – avec d’abord les membres du comité puis avec les photographes. La dernière semaine fut particulièrement chargée au point qu’il fallut communiquer plus rapidement par téléphone portable. Le catalogue fut prêt à temps et dès sa distribution on vint me voir pour les réclamations d’usage, la perfection n’est ni humaine ni de ce monde. Natalia Jaskula fut, de l’avis de tous, celle qui fut la plus lésée. Il aurait fallu bien évidement reconnaître son travail de prospection, de contact, de collecte et de transport des expositions des photographes polonais ainsi que celle de Susana Paiva. Son travail de scénographie – qui a donné aux Rencontres de l’année dernière et de cette année une très haute facture – aurait dû être particulièrement applaudi et noté sur la page de garde de cet ouvrage.
Dans le texte : « Déclarons la photographie d’utilité publique…et le photographe bienfaiteur de l’humanité », il fallait lire « il est temps de reconnaître l’incontournable rôle des commissaires d’exposition » et non « il est temps de reconnaître l’incontrôlable rôle des commissaires d’exposition ».
Autre malencontreuse coquille, dans la double page consacrée à Amine Messadi, un moment d’inattention a fait que dans sa biographie c’est le nom de Karim Maamri qui apparait. Qu’il nous excuse.

Peut-être un caprice de Marianne !
Marianne Catzaras s’est toujours réservé la rédaction du troisième texte de présentation du catalogue. Cette année, dans la précipitation des derniers jours avant le bouclage, Marianne m’envoie son texte par E-mail et oublie de le titrer. Après mes sollicitations, à la limite du harcèlement, elle m’envoie un texto ainsi libellé (je respecte l’exacte graphie) : « peut-être le courrier de marathon ». Avec l’innocence des enfants j’ai cru que tout le contenu du sms était le titre de son texte alors qu’en réalité elle hésitait encore et demandait mon avis !

Des lauriers pour Lilia
Lilia Benzid, membre du comité des Rencontres, n’a pas été présente autant qu’elle l’aurait voulu. Sa fille Salma passait son bac au moment des derniers préparatifs et attendait le résultat alors que les animations avaient commencé. Salma fut reçue avec une exceptionnelle « Mention très bien », et cela valait la peine de sécher les 6e Rencontres pour une aussi noble raison.

Effet Ghar el Melh !
Quant on lit les manchettes des quotidiens ou les Unes des journaux télévisés à propos des guerres qui se préparent, des haines qui se montent et du pseudo choc des cultures, il m’arrive de me demander qu’est ce qui se passe à Ghar el Melh pour que des individus venus de pays et de cultures différents, parlant différemment et ayant des croyances diverse arrivent à ce point à s’entendre ? Parce que – Polonais, Portugais, Libyens, Français, Tunisiens – on s’est d’abord aimé dès les présentations…alors naturellement on s’est compris. Est-ce bien cela l’effet Ghar el Melh ? C’est peut-être le ciel (de Ghar el Melh) qui nous unis, couvre et nous protège qui en est responsable…je l’ai déjà dit dans un texte paru dans le blog : nous sommes minuscules mais nous sommes là pour nous en rendre compte. Notre supériorité se situe dans cette conscience de soi (je plagie Blaise Pascal). Entre la pratique de la photographie, activité tout compte fait égocentrique et focalisante (certain vont me critiquer pour la formulation et le néologisme) et regarder l’immensité du ciel, nous nous sommes remis à notre vraie place.

Amarcord
Gaël Coto se rappelle sûrement la discussion que l’on a eu à-propos du cinéma de Fellini, lui préférant Fellini-Roma, moi Amarcord (io mi riccordo = je me souviens), l’un est l’autre sont une suite de souvenirs, d’anecdotes et d’histoires…avec le temps les uns sont enjolivés d’autres défigurés. Tous ce qui nous arrive depuis leur vécu – jusqu’à leur évocation aujourd’hui – les détient d’une certaine manière. Alors les Rencontres ont-elles étaient telles que je viens de les raconter ? Se sont-elles passées ainsi pour tous ceux qui y étaient présents.
Contrairement aux autres années, je n’ai fait aucune photo d’ambiance, préférant le faire avec mes yeux puis les enregistrant dans mon cœur. Si vous avez des instantanées des Rencontres en fichiers numériques – ou comme moi en fichiers émotions – n’hésitez pas à me les envoyer afin de constituer l’album de cette inoubliable réunion de famille.

Hamideddine-6e Rencontres
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June 12th, 2008 Posted in photo blogs Tagged baby, flickr, hot, humanoid, people, photo, photos, riot, tap, weird

6e Rencontre Internationales de la Photographie
de Ghar El Melh
26-30 juin 2008

Avant même de commencer, nous savons que nous irons aux prolongations…
A l’instar de la Coupe d’Europe des Nations qui accapare la majorité de nos semblables, les Rencontres de Ghar El Melh sont aussi une joute où les photographes donneront le meilleur d’eux-même pour plaire à un public enthousiaste. Effectivement nous avons ajouté au programme une journée supplémentaire…afin de profiter pleinement du charme du lieu et de la bonhomie de ses habitants. la liste des photographes présents à la présente édition a subi quelque rectification.

Collection
Anonymes, fonds Beit el Bennani (Tunisie)
F. Soler, fonds Iadh Béhi (Tunisie)

Photographes
Abid Ons (Tunisie)
Abouzid Kamel (Libye)
Amri Hassen (Tunisie)
Barioun Talel (Libye)
Belhassen Imed (Tunisie)
Ben Abderrazak Akram (Tunisie/France)
Ben Mustapha Aicha (Tunisie)
Bensaadi Ramzy (Algérie)
Benzid Lilia (Tunisie)
Bouali Hamideddine (Tunisie)
Buczkowska Ola & Przezdzik Michal (Pologne)
Carapezzi Myriam (France)
Catzaras Marianne (Tunisie/Grèce)
Chagour Samia (Tunisie)
Chebbi Mohamed Haythem (Tunisie)
Coto Gael (France)
De la Mauvinière Sylvia (France)
Fauqué Nicolas (France/Tunisie)
Fitouri Jamila (Libye)
Frikha Sami (Tunisie)
Hammi Mohamed (Tunisie)
Iverney Claude (France)
Jabeur Salah (Tunisie)
Jaskula Natalia (Pologne)
Jeradi Wiem (Tunisie)
Kéchine Abderazak (Tunisie)
Lefevre Patrick (France)
Maamri Karim (Tunisie)
Marzuk André (France)
Messadi Amine (Tunisie)
Paiva Susana (Potugal)
Piekacz Mela (Pologne)
Salvado Maria (Argentine)
Segur Benoit et Segur Irina (France/Russie)
Sifaoui Riadh (Tunisie)
Sikora Tomek (Pologne)
Staszek Heyda (Pologne)
Stoll Catherine (France)
Tangi Myriam (Maroc)
Telissi Maraa (Lybie)
Trabelsi Marouane (Tunisie)
Vidal Antoni (Espagne/Tunisie)
Werda Rania (Tunisie)

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Liste des photographes participants
à la 6e édition des Rencontres Internationales
de la Photographie de Ghar El Melh,
(par ordre alphabétique)

Collection
Anonymes, fonds Beit el Bennani (Tunisie)
F. Soler, fonds Iadh Béhi (Tunisie)

Photographes
Abid Ons (Tunisie)
Abouzid Kamel (Libye)
Amri Hassen (Tunisie)
Barioun Talel (Libye)
Belhassen Imed (Tunisie)
Ben Abderrazak Akram (Tunisie/France)
Ben Mustapha Aicha (Tunisie)
Bensaadi Ramzy (Algérie)
Benzid Lilia (Tunisie)
Bouali Hamideddine (Tunisie)
Buczkowska Ola
Catzaras Marianne (Tunisie/Grèce)
Chagour Samia (Tunisie)
Chebbi Mohamed Haythem (Tunisie)
Coto Gael (France)
De la Mauvinière Sylvia (France)
Fauqué Nicolas (France/Tunisie)
Fitouri Jamila (Lybie)
Frikha Sami (Tunisie)
Hammi Mohamed (Tunisie)
Iverney Claude (France)
Jabeur Salah (Tunisie)
Jaskula Natalia (Pologne)
Jeradi Wiem (Tunisie)
Kéchine Abderazak (Tunisie)
Lefevre Patrick (France)
Maamri Karim (Tunisie)
Marouane Trabelsi (Tunisie)
Messadi Amine (Tunisie)
Paiva Suzana (Potugal)
Piekacz Mela (Pologne)
Salvado Maria (Argentine)
Segur Benoit et Irina (France/Russie)
Sifaoui Riadh (Tunisie)
Sikora Tomek (Pologne)
Staszek Heyda (Pologne)
Stoll Catherine (France)
Tangi Myriam (Maroc)
Telissi Maraa (Lybie)
Vidal Antoni (Espagne/Tunisie)
Werda Rania (Tunisie)



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26 – June 29, 2008
Scheduling

Les Rencontres Internationales de la Photographie de Ghar El Melh have become the great appointment of photography in Tunisia. Photographers from all sides: confirmed, new, children and the general public expect the last week of June to look, listen, do speak… all the senses will be arrested. Exhibits, workshops, panel discussions, slide shows a menu is also gratifying that teaching.
Exposures
Since its invention, photography continues to metamorphose, to the point where it seems that every photographer, creating its subject, invents its own medium. Each edition of the Rencontres is an anthology of looks from here and elsewhere previously. Venues from abroad or Tunisia, exhibitions are always a certain way of seeing the world. In Bamako as in Arles, Paris or Barcelona, the organisers: commissioner or curator, s’ingénient to build a theme events. In the exhibition galleries Fort Ghar El Melh – former penal colony – where for a long time any event basic freedom was banned today no restrictions are imposed. Meetings Ghar El Melh are a tribute, always renewed, the photographers who sublimate life.

Carte Blanche collectors The exhibitions last year Mustapha Bouchoucha and Victor Sebag had a great success. This year Beit Bennani and Iadh Behi return to submit their shots heart. “Anonymous” is a selection of photographs without mention delved into the fund Beit Bennani, but whose documentary value is undeniable. Soler was the photographer for a long time that any s’arrachait Tunis, he was the photographer official ceremonies, the reporter whose photos illustrated journals from the early twentieth century and a portrait of talent. Iadh Behi offers a choice of savoir faire of this photographer.

Round Tables I: “The pictures today”
(Led by Amar Dhaya, University)

It is possible to consider photography as an area that is sufficient in itself, a stirring panorama as broad as the imagination allows the photographer while being containing photographic. It is also possible to meet a different picture, known as plastic, worked or “photoshopée”, which spans areas, erases labels and demystifies history.
The first provided a wealth of world-famous photographers, a significant amount of works that take the icon. The second, because newer, less is known to the public. Visible only in the galleries, it is for the moment, confidential.
These two photographs meet sometimes violently, through their tenants, with arguments by critics texts and rarely through the works or theories.
All of this leads inevitably to, once again, seeking a definition of photography and a statute for the photographer.

Round Tables II: “The photograph in these relations with the media”
(Led by Mohamed Elhedef, journalist and photographer)

What information should be mostly in their paper version without photographs? A non-illustrated article seems sometimes suspect because the photographers, amateur or professional, are ubiquitous. But this beautiful marriage between the press and the picture is sometimes acrimonious. The scenes of households are becoming common to the point where it is periodically to the brink of collapse.
Photographs published out of context of achievement, false stories, even photographers who manipulate their works have become commonplace.
Like always trains arriving on time and nobody speaks and who become the subject of a scandal without precedent when one of them shows a slight delay, photography fills often marvel at its role . The debate, introduced by a review of photographs that have surprised, shocked or outraged, analyze the path that follows an image of the photographer drive. Course mined, chaotic and often dangerous.

The Night meetings
The evenings of meetings will be set aside for photography, how can it be otherwise, thirst that we organize and you look. In the vast courtyard of the first fort, projections will be organized to add to the vision, the sound of music accompanying commentary or a photographer. Jean Claude – alias Father Fourat – Imed and Donia show every night bêtisier Encounters. This year, a slide show will allow the public to assess programmes carried out by photographers who hope to win “The challenge for Ghar El Melh” trophy that will crown the creativity and boldness.

Photography workshop for children and adults
The workshops, as their name suggests, are more than one site preparations. The result does not count more than the work leading thereto. “The Wall images”, “Life, face and portrait”, “Their photos… our legends”, “Family Album,” are some of the workshops where children give free rein to their imagination, fantasy and innocence. The photographers will be invited to take part and children by the hand to the wonderful world of photography.

Journal of Meetings
Le Corsaire écumera the shores of Ghar El Melh for the third consecutive year. Auditors reported the course of the event, interviews with photographers, citations to remember, excerpts book to read, memorize vocabulary, helping heart of poets, are the topics.

Photo Academy
The Academy of Art in Carthage is a new private school to teach photography in Tunisia. With equipment at the cutting edge of technology, experienced teachers will be glad to show you how to use your digital camera, make a portrait studio and exploit the possibilities of Photoshop. A team of students from this institution will cover the highlights of the day and will screen his interviews and reports each evening.

Back in a work, photography by A. Kahia
What other event could pay tribute to Abdelhamid Kahia? Les Rencontres hope enroll in the Tunisian landscape photography as a reference to consult. A slide show, made after his great book “Tunisia” published in 1964, will explore photography Abdelhamid Kahia, one of the few masters of photography Tunisia.

After midnight
“After midnight” is a meeting, informal and relaxed on the beach of Sidi Ali El Mekki, where interrogations, which have always accompanied the photographer, will be raised. What is a good photograph? The photographer must seek to be happy or to please the public? And the art market! Should we follow or ignore? These are some of the questions which no reply has been unanimously. Here and nowhere else, the digressions are allowed if desired, photography leads to everything and what better place to escape the starry sky of Tunisia and the beach of Sidi Ali El Mekki? The echoes of discussions last year, which ended at sunrise, still resonate today. Some went to bed others have had enough strength to go eat doughnuts and start a new day. The meeting is also this: a performance of physical endurance.

The animations

June 26

09h-12h: photography workshops for children
“Guided tours of exhibitions with Hamideddine
“The wall images with Rania
“Your photos… our legends” with Hajer
“Life, face portraits” with Rabaa
16h-18h: Workshop for adolescents and adults
“Picture Academy”, with the Academy of Art in Carthage
22h to 00h: Nocturnes.
The information (students of the Academy of Art in Carthage)
“Back in a work, photography by A. Kahia” Hamideddine
Slideshows contributing to the Challenge Ghar El Melh
“The bêtisier of the day” by Jean Claude alias Father Fourat, Imed and Donia
Beach Sidi El Mekki
00h to 02h: “After midnight, meeting informally with photographers.

June 27

09h-12h: photography workshops for children
“Guided tours of exhibitions with Lilia
“The wall images with Rania
“Your photos… our legends” with Hajer
“Life, face portraits” with Rabaa
16h-18h: Workshop for adolescents and adults
“Picture Academy”, with the Academy of Art in Carthage
22h to 00h: Nocturnes.
The information (students of the Academy of Art in Carthage)
Slideshows contributing to the Challenge Ghar El Melh
“The bêtisier of the day” by Jean Claude alias Father Fourat, Imed and Donia
Beach Sidi El Mekki
00h to 02h: “After midnight, meeting informally with photographers.

June 28

09h-12h: photography workshops for children
“Guided tours of exhibitions” with Marianne
“The wall images with Rania
“Your photos… our legends” with Hajer
“Life, face portraits” with Rabaa ”
“Reporters at GEM” with Lilia
16h-18h: Workshop for adolescents and adults
“Picture Academy”, with the Academy of Art in Carthage
Panel I: “The pictures today”
22h to 00h: Nocturnes.
The information (students of the Academy of Art in Carthage)
Slideshows contributing to the Challenge Ghar El Melh
“The day of the bêtisier” by Jean Claude alias Father Fourat, Imed and Donia
Beach Sidi El Mekki
00h to 02h: “After midnight, meeting informally with photographers.

June 29

09h-12h: photography workshops for children
“Guided tours of exhibitions with Nathalia
“The wall images with Rania
“Your photos… our legends” with Hajer
“Life, face portraits” with Rabaa
“Family Albums” with Lilia
16h-18h: Workshop for adolescents and adults
“Picture Academy”, with the Academy of Art in Carthage
Panel II: “The photograph in these relations with the media”
22h to 00h: Nocturnes.
“The bêtisier of the day” by Jean Claude alias Father Fourat, Imed and Donia
Slideshows contributing to the Challenge Ghar El Melh and awards ceremony.
“Back in a work, photography by A. Kahia” Hamideddine
Special Info (students of the Academy of Art in Carthage)
Beach Sidi El Mekki
00h to 02h: “After midnight,” Farewell.

Via [Du photographique] freshly translated fron French with Google.[image]

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