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Space Invader PA_958 : Paris 12eme

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Space Invader PA_??? : Paris 16eme

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S-NOCTURNUS posted a photo:

Hand portrait

I took this shot yesterday at Sidi bou said town , there was like a festival that takes place in this town every year , I saw this man who has a very interesting face , I’ve taken a portrait of him and this hand-portrait while he was walking..I’m going back there today too , and I will try to take a better portrait of him because I wasn’t fully satisfied with the one I have after seeing it on the comp in full size..So this is his hand and hopefully the next post will be a good portrait :)

Best Viewed Large
No Multi-invites And Huge Graphics Plz !
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Hand portrait

August 10th, 2009 Posted in 1 Tagged ct, el, est, festival, flickr, full, get, hand, hope, hot, king, la, lac, man, me, ol, one, people, photo, photos, place, port, portrait, rest, said, shot, sidi, taken, us, vie, view, walk, walking, xt

Christine Lebrasseur posted a photo:

L'éventail de Jeanne

Hand made fan realized by Raymonde TEILLOUT from

"Les Dentellières du Bornat"
13 rue Kleber
F- 24000 PERIGUEUX
dentelieresborn@aol.com

Listening to Pastourelle – Extrait de l’éventail de Jeanne – Gabriel Tacchino

christinelebrasseur.blogspot.com/

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Exposer n’est pas (nécessairement) festoyer


Chronique des chroniques
Il parait que j’en fait trop ! On me l’a fait vaguement savoir. Puis on me l’a dit parce que je ne l’ai pas compris du premier coup. Quand je me mets à travailler j’oublie le passage des jours, si je veille tard j’enjambe des minuits de suite, suivis d’une très grasse matinée. Dans mes écrits les superlatifs se suivent et se rattrapent. Si j’aime, je couve puis j’étouffe, mais ici qui peut le plus ne peut pas forcément être capable du moins, parce que je ne sais pas haïr. Je parle sans ponctuation et celui qui m’écoute risque de se demander : “où veut-il en venir ?”. Outrance en tout, au point que de mes paroles on retient moins la substance que la forme. Alors que faire ? Revoir ma façon de vivre, d’écrire, de parler ? ou bien garder tout en place et dire tout haut :”Cette outrance c’est moi, ce que je suis, ce que je fais et je n’y peux rien ?” .

Le 25 avril remise du prix littéraire Le Comar d’Or. Safi, mon frère jumeau, présentait son livre (1). En deux mots et un chiffre cela parle de la navette spatiale, de Palestine et du chiffre 17 (j’ai tenu parole). Le lendemain ce blog enregistra le 17000e visiteur. Si
je vous dis que Safi et moi avons commencé nos entreprises– lui son roman et moi mon blog – sans nous concerter en juin 2006 il y a de quoi s’interroger sur la numérologie.
Dommage que le jury a raté une occasion de reconnaitre un premier grand anti-roman, il méritait un prix spécial, celui que l’on remet à une œuvre qui transgresse les conventions. Peut-être que Safi a trop désobéi, il aurait dû attendre 2023 !
Le toujours présent Jacques Pochart – qui m’écrit et réagit à chaque texte – trouve qu’il fallait oser…parler de Marilyn (2) et ce malgré tout ce qui a été dit à son sujet, d
’autre part il félicite lui aussi Jenaina pour sa rédaction (3) et espère que les jeunes de Palestine et d’Israël aient comme elle de la clairvoyance, qualité qui manque aux adultes.
La jetée. Photographie Hamideddine Bouali
Rade de Marseille depuis Le Carthage le 31 octobre 2008

Alerte
Je reçois quotidiennement des dizaines d’alertes Google. Je vous conseille de faire de même : demander à Google de vous envoyer toutes les fois que cela parait dans le web un mot que vous aurez choisi. “Photographie” peut très bien vous être signalé quand on annonce un concours, une exposition, un nouvel appareil ou la parution d’un livre. Mais il se peut que vous receviez un mail intitulé : “Cette étude est une photographie objective du chômage en France” !
Une alerte-Google est venue perturber ma journée. Sur le site Rue89, Louis Mesplé signe un texte intitulé «A Masha Bruskina, pendue à Minsk, exposée à Paris ». L’auteur s’insurge contre l’exposition « Controverses » qui se tient en ce moment à Paris en ces termes : « Vous êtes aujourd’hui accrochée ( l’auteur parle de la photo de Masha Bruskina pendue par les nazis en 1941) au milieu d’un bazar de photographies, sur le même plan (et pans de murs) que la dernière photo d’une princesse bêtasse et la première de la fée Clochette, d’un fantôme, de faux scandales mais de vraies photos marchandes de Toscani, Bourdin, Meisel, de lisses pré-adolescentes… Certes, vous avez, à vos côtés, ou plus loin, des compagnes et des compagnons du malheur et de l’horreur : une victime d’un pogrom à Lvov (Pologne), la petite fille d’Armero (Colombie) dans sa flaque de boue mortelle, et celle qui va mourir de faim au Soudan sous la surveillance d’un vautour, les prisonniers d’Abou Ghraib, des fusillés, des décapités… ».
En fin d’article l’auteur évoque les derniers instants de la suppliciée et les compare à ce qu’il ressent à la sortie de l’exposition :
« Des témoins qui vous ont connue parlent d’une jeune fille intelligente « au caractère intègre ». Ils se sont souvenus que vous aviez, dans cette rue de Minsk, « marqué les esprits par votre calme et votre dignité ». Ce ne sont pas ces derniers mots là que j’emploierai pour définir cette exposition ».

Controverses est une exposition sur la mort
J’ai maintes fois évoqué le cas des photographies scandaleuses et je m’interroge toujours autant sur les circonstances de leur réalisation que sur la manière de les exposer…parce qu’il faut finir par les montrer un jour ou l’autre. Depuis l’organisation de l’exposition Controverses l’année dernière à Lausanne et sa reprise maintenant à Paris on peut dire qu’elle a fait couler beaucoup d’encre (4) mais rarement comme l’a fait Mesplé.
Le problème n’est pas ici l’exposition de la photographie de Masha suppliciée mais le fait qu’elle le soit à proximité d’autres moins funestes et surtout dénué du caractère documentaire considéré par l’auteur comme étant prioritaire.
« Controverses » ressemble à toute salle d’attente. Les photographies exposées se parlent comme des inconnues n’ayant de points communs que cet instant particulier où leurs rendez-vous se sont chevauchés. Après, qui sait si elles se reverront un jour. Devons-nous leur demander de sympathiser ou de se ressembler ? La comparaison vous semble exagérée ? Une exposition-compilation est à l’image de toute manifestation collective. Lisez le synopsis des films concourants pour la Palme d’Or de Cannes, ou le résumé des romans en lice pour le Comar d’Or, et vous serez étonnés par la diversité des sujets traités.
A Cannes le vrai faux documentaire (Moore), l’amourette à l’eau de rose, le film français de service, la superproduction Hollywoodienne, le film bouleversant à ne pas manquer, le film à scandale et quelques spécimens du cinéma – toujours inattendus – d’Extrême Orient…beaux et surtout disparates plateau. Pourquoi ne crie-t-on pas au scandale ? Parce qu’à « Controverses » c’est la mort qui rode à chaque recoin. Pendus, engloutis, égorgés, torturés à mort, faux suicidé, crevés de faim, accidentés, beautés passée, anciennes gloire…La mort lui arrive souvent de se déguiser. Relisez Allan Edgar Poe.
Quel beau lieu pour exposer des images à lire, à feuilleter, à parcourir, à marquer, à mettre à l’index, à ranger, à jeter, à relire, à prêter, à dédicacer que les étagères de livres Car après avoir investi le Musée de Lausanne, cette exposition trouve idéalement sa place à la Bibliothèque Richelieu à Paris. L’ajout du sous-titre « Photographies à histoires » fut intelligent. Les forums de discussion on été pris d’assaut pour crier au scandale : Pourquoi exposer des photos macabres, des images dégoutantes, des vues insupportables, des œuvres scandaleuses ? Oui pourquoi ? Parce que l’on confond montrer et fêter. Tout comme lire un texte dans un livre, regarder une image dans une galerie d’exposition n’est pas toujours heureux.
Exposer n’est pas festoyer
Certes être invité, se voir servir un cocktail, se soumettre à des éclats de flash, saluer les uns, embrasser les autres ressemble à une kermesse. Si un vernissage a certes un coté festif, il n’en demeure pas moins que disposer des photographies dans un espace n’a rien de ludique. Qu’est ce qu’une exposition ? pourquoi montrer ? à qui ?
Un photographe expose pour clore un travail, il semble dire : « voilà ce que j’ai vu, comment j’ai vu ou pourquoi j’ai vu ». j’ai posé la question lors de la dernière exposition chez Mach (lisez Mahmoud Chelbi responsable de l’espace d’exposition l’Aire libre d’El Teatro), Mohamed Ali Belkhadhi répond par un long silence plus qu’éloquent, Omar Ghdammsi qui expose bientôt affirme : « pour s’exposer », Mahmoud Chalbi : « pour exploser »….ceci est du côté des exposants, mais que pensent ceux qui visitent, ceux qui achètent, ceux qui critiquent ? Vaste débat qui ne peut être complet sans la principale, la première, la plus importante : c’est quoi un artiste ?
Quelque jours plus tard on me fit l’honneur de me nommer membre du jury du Grand Prix de la Ville de Tunis des Arts Plastique. J’ai regardé des peintures, tournoyé autour de sculptures, vu mon reflet dans des céramiques et lu des photographies. En mon âme et conscience j’ai voté.
Encore une fois je ne comprends pas comment des photographies peuvent-elles porter l’étiquette « Art Plastique ». je sais qu’encore une fois on va me taxer de réactionnaire, je m’expliquerai la prochaine fois, sinon ce texte s’étirera davantage et on dira encore que j’en fais trop.
Le lendemain, le presque tout Tunis était là pour la cérémonie de remise des prix. Dans la grande foule des gens qui montaient et redescendaient l’escalier, les visiteurs qui passaient et repassaient de salles en salles et les groupes qui s’agglutinaient autour des amuse-gueules (cela s’appelle comme ça) quelqu’un à crié : « Il y a trop d’artistes !!! ». Allez savoir s’il confond l’affluence du public avec les membres de l’union des plasticiens tunisiens ou s’il parlait du nombre d’œuvres accrochées…j’aurais dû le lui demandé ? Non je connais la réponse, valable ici comme ailleurs.
Aujourd’hui comme jadis trop de gens se croient artiste, quelques uns vont jusqu’à se présenter ainsi. Je pense qu’artiste n’est ni une fonction ni une situation mais le sommet d’une échelle de valeurs. Artiste ; cela veut dire individu hypersensible excellant dans un domaine artistique et donnant des émotions à vivre. Si on peut affirmer qu’une œuvre est artistique, seule la postérité décide qui a mérité de porter le titre d’artiste .
Sans « Controverses » et le texte de Mesplé, je n’aurais pas connu Masha et appris les circonstances de sa mort. Mais d’autres part à l’instant où je suis attristé par le sort de cette combattante pour la liberté je me désole pour le nombre incalculable de victimes sans noms ni visages qu’on enterre à la nuit tombée. Nous sommes encore loin du jour où en dira qu’on en a assez de ces photographies !!! Il y aura toujours des écrits pour dénoncer et des expositions pour montrer – avec ce qu’il faut comme accompagnement pédagogique – ce que l’homme est capable de commettre de plus vil.
Arrêtez de faire la guerre et il n y aura plus de photos de guerre !!! L’équation est simple.
Hamideddine Bouali
26 avril 2009

(1) “Terre promise texane, sur les traces de Columbia” de Safieddine Bouali, édité à compte d’auteur en 2008.
(2) voir Chronique osée du 29 mars 2009
(3) voir Chronique aquatique du 31 mars 2009
(4) voir sur ce même blog Chronique XXV ” Déclarons la photographie d’utilité publique…et le photographe bienfaiteur de l’humanité !” : http://du-photographique.blogspot.com/2008_07_01_archive.html

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breakbeat posted a photo:

Chandelier and a half

spent ages trying to get a good shot of these multi coloured windows, almost reminded me of stained glass in churches
taken in the mausoleum de Habib Bourguiba

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the hand

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the hand

March 11th, 2009 Posted in photo blogs Tagged amateur photographer, flickr, hand, hot, la, lady, people, photo, photos, pictures

[image]
A friend of mind snapshooting the narrow streets of the old Media, she got home henne -harkooz to be exact (Berber makeup) in here hands.

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La gestion des conflits expliquée à ma fille


Premier échange (Jenaïna et Hamideddine Bouali)
Photographie Hamideddine Bouali-Mars 1995
Chronique des chroniques
Beaucoup de commentaires et d’interrogations à propos de la dernière chronique mais je n’en retiens qu’un seul : Anonyme a dit… « Bien vu Hamideddine il y a beaucoup d’humanité dans ce que tu écris, je suis d’accord avec toi sur la jouissance morbide du spectacle de la mort dans les télés, et les décomptes de morts qui se font chaque jour, même sur Facebook. Et la question que tu poses à la fin est très importante, alors je te demande : tu dis quoi à tes enfants sur la situation de la Palestine et plus particulièrement à Gaza en ce moment ? ça c’est intéressant parce que je suppose que beaucoup de parents se posent cette question ?? ».


J’ai déjà évoqué dans la dernière chronique le cas de l’affaire de Suez, à travers le livre de Marc Ferro : « Suez 1956, Naissance d’un tiers-monde » paru en 2006. Je disais que les décideurs, eux-mêmes, n’avez pas une vue globale de la situation, alors que dire de ceux qui, à l’époque, suivaient ces événements à travers les articles des journaux, la rumeur populaire et la propagande de la partie adverse ? D’autre part, aujourd’hui, nous connaissons les raisons, le déroulement et le dénouement de la Seconde Guerre Mondiale mais seulement du point de vue des vainqueurs. Après plus d’un demi siècle de recul on se pose la question de savoir si ce sanglant conflit s’est réellement passé ainsi ? Le brouillard du doute est moins dense à mesure que l’on s’en éloigne, et les événements ne deviennent compréhensibles dans leur globalité que lorsqu’ils quittent la Une des journaux pour rejoindre les chapitres des livres d’histoire.
Le sommaire des revues d’histoire font la part belle aux nouvelles lectures des faits, petites anecdotes ou évènements planétaires, dont notre terre fut le théâtre. Ces nouveaux décryptages seront à leur tour mis à contribution dans d’autres dossiers. L’ouverture de nouvelles archives ne donne-t-elle pas souvent lieu à des découvertes sensationnelles ? Ne suffit-il pas, par exemple, de reconsidérer la manière et la raison pour laquelle les Etats-Unis sont entrés en guerre en 1941 pour que toute l’histoire mondiale postérieure s’en trouve périmée et donc dans l’urgence d’être réétudier ? 
Alors bien malin celui qui puisse aujourd’hui, après seulement quelques semaines de la fin de la bataille de Gaza, expliquer son pourquoi et son comment, que dire alors de le faire comprendre à ses enfants
!!!

Comment expliquer la guerre à mes filles ?
Je ne me rappelle pas avoir un jour expliqué un quelconque conflit à mes deux jeunes filles (Fatma 12 et Jenaïna 14 ans). Je crois que le sujet est d’une complexité inextricable. Comment leur exposer avec des termes simples les enjeux économiques, les stratégies militaires, les subtilités de la diplomatie, l’influence des réseaux occultes, le pouvoir des médias, la malignité de la propagande… ? Par contre il est aisé de leur expliciter les rapports humains, la notion de propriété, le sens de la justice, l’objectivité, la neutralité…

La guerre des boutons 
En allant récupérer mes deux filles de la garderie scolaire, il y a de cela cinq ans, je fus confronter à un conflit significatif. En me voyant arriver, Jenaïna courut vers moi pour me débiter un discours incompréhensible puisque étranglé par la colère…

Moi :
« S’il te plait calme-toi et raconte moi ce qui s’est passé »
Jenaïna :
« Papa ! tu dois prendre mon partie »
Moi : « Non ! bien avant cela il faudrait que je sache de quoi il s’agit en me racontant exactement ce qui s’est passé ».
Jenaïna : « Ce garçon, en mettant volontairement son pied sur mon chemin, a failli me précipiter dans l’escalier ».
Moi : « Non ! tu dois me raconter tout, depuis le début ».
Jenaïna : « On a commencé à se chamailler depuis la récrée de 10 heures, puis tout à l’heure après le déjeuner il m’a dis un gros mot, je lui es dis qu’il n’a pas été bien élevé par ses parents. Avant que tu ne sois là de quelques minutes et alors que je passais devant lui, il a mis son pied volontairement pour que je trébuche et tombe dans l’escalier ».
Moi : « Très bien, tu as raconté les faits correctement ce qui est le début de la solution. Ce qui s’est passé est typique d’une dispute. Cela commence avec des faits sans aucune importance, d’ailleurs le point de départ est souvent oublié, mais cela grandit par action/réaction et il est normal que la seconde soit supérieure en violence à la première »
Jenaïna : « Mais moi j’ai seulement parlé, alors que lui, il a agit avec une violence physique »
Moi : « Tu oublies que tu es une fille et lui, un garçon. Depuis toujours les filles réagissent par des paroles et n’en viennent au mains que rarement, alors que les garçons sont plus portés par l’échange de coups de poing ».
Jenaïna : « Mais je suis perdante, puisque c’est lui qui a commis le dernier acte ».
Moi : « Celui qui ne réagit pas à une action violente n’est pas forcément le plus faible des deux, cela démontre au contraire qu’il possède la force de se maîtriser…et cela n’est pas à la portée de n’importe qui !!! ».
Jenaïna : « Mais papa les autres parents, ne se comportent pas ainsi, ils soutiennent d’une manière inconditionnelle leur progéniture et parfois je suis victime de leur subjectivité ».
Moi : « Effectivement je ne suis pas comme la majorité des parents et c’est à toi de choisir aussi si tu veux être comme tous les autres enfants; hypersensible à la moindre provocation et te voir emmener dans une escalade qui te fait oublier que cette dépense d’énergie ne valait pas la peine d’être perdue, ou bien d’être maîtresse de tes actes et de survoler les détails sans importance pour ne te concentrer que sur ce qui vaut la peine d’être vécu ».
Sur ces mots nous étions arrivés chez-nous…Depuis, Jenaïna a inévitablement été en situation de conflit, elle s’en sort seule et apparement sans trop de mal.

Ne trouvez-vous pas que ce mini conflit, qui à l’échelle des enfants est vital, est presque en tout point semblable aux guerres que mènent des pays ? Toutes proportions gardées, ne s’agit-il pas presque toujours d’un alibi, de part ou d’autre, pour que l’infernal mécanisme de l’escalade se mette en branle ? L’origine qui est sans commune mesure avec l’énergie dépensée par la suite, l’inégalité des armes conduit inéluctablement à un déséquilibre des pertes, la propagande dans la présentation des faits…tout y est.

Je ne veux pas jouer au moralisateur, mais depuis un certain temps je médite à propos du progrès de l’humanité. Toutes les facettes de la vie ont évolué ; la mode vestimentaire, les moyens de communications et de transports, la relation parents/enfants, les méthodes de l’enseignement, notre relation avec la nature, la pratique des loisirs…Cela a permis au genre humain, en deux siècles, de beaucoup mieux être. Mais pour gérer les conflits, nous n’avons pas progressé et dans certains cas nous avons même régressé. Aujourd’hui nous nous faisons la guerre avec autant de hargne, de violence et jusqu’au-boutisme que les peuples barbares des temps obscures. 

De l’expo du « World Press Photo » à celle « A l’épreuve du Monde »
Il fallait de l’audace pour illustrer les 20 articles de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme par des photographies. Cette exposition qui se tient actuellement dans les jardins de la médiathèque Charles de Gaulle de Tunis a été réalisé par le Ministère Français des Affaires étrangères et européennes, La Mission de coordination pour les droits de l’Homme et les photographes de l’Agence VII, James Natchwey, Alexandra Boulat et John Stanmeyer. 
Une initiative à applaudir d’une seule main car cette didactique exposition aurait du être accrochée à l’extérieur d’autant plus que le support (en vinyle) à été conçu dans ce sens…dommage que seuls les abonnés de la médiathèque ont en profité. 
Au même moment se tenait pour la seconde année consécutive l’exposition des photographies lauréates du World Press
Photo à l’initiative de l’ambassade de Hollande en Tunisie et surtout de Mahmoud Chelbi, qu’on ne remerciera jamais assez de tenir un rôle de premier ordre dans le paysage photographique local. J’ai déjà évoqué à plusieurs reprises la cuvée 2007 (*) de ce challenge, je ne vais pas revenir sur le sujet. 

Les photographes passent, les sujets restent !!!
Visiter, le même jour, les deux expositions l’une à la suite de l’autre vous incite à penser que les articles de la Déclarations Universelles des Droits de l’Homme auront pu, tout aussi bien, être illustrés par quelques photographies du WWP 2007. La photo de presse, tout compte fait, est une preuve que l’on nous dresse en face des yeux : après 60 ans de sa ratification par 140 pays, la déclaration demeure lettre morte. Guerres meurtrières, tortures physiques et mentales, persécution des minorités et des individus hors-norme, dégradation inconsidérées de l’environnement, sadiques massacres d’espèces protégées…je ne suis pas pessimiste, mais je suis sûre que l’année prochaine d’autres photographies seront primées au WWP néanmoins elles porteront sur ces mêmes sujets !!! 

 Hamideddine Bouali
7 février 2009


(*) Lire les chroniques suivantes sur ce même blog
Et si j’étais membre du Jury du World Press Photo ?! Mercredi 30 janvier 2008
Dernière minute : Annonce du World Press Photo 2007. Vendredi 8 février 2008
Chronique II : …du temps qui passe. Mardi 12 février 2008
Chronique III : Ai-je eu raison d’avoir voulu en savoir davantage ? Vendredi 15 février 2008

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ONE HANDED !

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« Vous au moins vous ne risquez pas d’être un légume 
puisque même un artichaut a du cœur ! »

Photo Edward Weston- artichoke halved 1930-Center for photography, Arizona Board of Regents

C’est dans le film «Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain» que l’héroïne du film adresse au méchant de service cette cinglante phrase. Avoir du cÅ“ur, voilà ce qui est de plus en plus rare de nos jours, au point que ceux qui l’ont sont taxés de mauviette !!! Où va le monde ? 

Le temps des images
Belles récoltes en vue pour le prochain World Press Photo, la guerre c’est des images de vigoureux soldats en battle-dress, de courageux combattants à l’affût, d’enfants ensanglantés, de maisons détruites, de visages en pleurs… Sauf qu’il y a bien longtemps que Robert Capa a affirmé après la seconde Guerre mondiale que : “La guerre est une actrice vieillissante de plus en plus dangereuse, de moins en moins photogénique”.
Dans l’article intitulé « Au moins une Palestine sera libre », une phrase avait heurté la sensibilité de certains lecteurs : « Je hais la politique parce que la politique s’en fout des personnes, des individus et des identités… Je n’ai jamais aperçu un peuple et vous ? ». Voilà qu’un confrère vient appuyer mes opinions.
La semaine dernière, je reçois un mail à propos de l’inauguration de l’exposition “6 milliards d’autres†qui a lieu du 10 janvier au 12 février courant au Grand Palais à Paris. En vous connectant au site www.6milliardsdautres.org, Yann Arthus Bertrand, connu pour ses livres de photographies prises depuis le ciel, raconte comment l’idée lui est venue de poser le même questionnaire à 5000 personnes des quatre coins du globe (c’est peut-être la raison qui fait que cela ne tourne pas rond !!!).

Probablement la plus belle photographie de la terre réalisée, depuis la Lune, il y a exactement 40 ans. Décembre 1968. Apollo VIII (Jim Lovell, William Anders et Franck Borman)

Yann Arthus Bertrand explique l’origine de son idée : « Tout est parti d’une panne d’hélicoptère, un jour, au Mali. En attendant le pilote, j’ai discuté avec un villageois une journée entière. Il m’a parlé de son quotidien, de ses espoirs, de ses craintes : sa seule ambition était de nourrir ses enfants. Interrompu dans mon travail pour un magazine, je plongeais dans les soucis les plus élémentaires. Et il me regardait droit dans les yeux, sans plainte, sans demande, sans ressentiment. J’étais parti photographier des paysages, j’ai été captivé par ce visage, par sa parole. Par la suite en survolant la planète pour réaliser « La Terre vue du Ciel », je me demandais souvent ce que je pourrais apprendre des hommes et des femmes que j’apercevais en dessous de moi. Je rêvais de pouvoir entendre leur parole, sentir ce qui nous lie. Car vue d’en haut, la terre apparaît comme une étendue immense à partager. Mais dès que je me posais au sol, les problèmes commençaient. Je me retrouvais confronté à la rigidité des administrations de chaque pays, et surtout à la réalité des frontières instaurées par les hommes, symbole de cette difficulté de vivre ensemble ».

capture d’écran du site www.6milliardsdautres.org


« L’Å“il était dans la tombe, et regardait Caïn »

Difficile aujourd’hui de ne pas parler, encore, de Gaza, après avoir lu l’introduction humaniste d’Yann Arthus Bertrand. Vue d’en haut, de loin ou assis confortablement devant sa télé, le monde est réduit à sa plus simple expression. Aucun moyen de transmission ne peut se substituer à la vraie connaissance des gens. Les relations épistolaires, le tchat, MSN, hi5, Facebook, les téléphones portables, les e-mails, les sms n’ont jamais le pouvoir de transmettre l’émotion ressentie quand on regarde une personne droit dans les yeux, d’écouter son timbre de voix à bout portant, de sentir son odeur et de la toucher au sens figuré et, si affinités, au sens propre. Même les armes, à l’image de la communication entre les gens, s’utilisent de loin, cultivant la lâcheté. Les obus sont aveugles, les roquettes sont folles, les missiles « fire and forget », que l’on tire de loin en rebroussant chemin avant qu’elles n’atteignent leur cible, les armes BVR (Beyond the Visual Range), que l’on lance au-delà de la portée de vue… C’est ignoble. 

Combien de soldats ont évoqué leur hésitation avant d’appuyer sur la gâchette parce que celui qui est pris pour cible l’a regardé dans les yeux ? Les mémoires des guerriers des conflits d’antan sont remplis d’hésitations, de questionnements et de doutes. Face à face la donne est différente. Que c’est facile de dire du mal de quelqu’un dans son dos, mais cela est bien difficile de le faire en face !!! 
Celui qui réussit à tirer sur un individu en sachant qu’il le verra fermer ses yeux pour toujours n’en sortira pas vivant. Cette image le suivra toute sa vie comme Caïn vivant avec le regard d’Abel. Oui car nous sommes tous frères, même si ces paroles paraitront pour certains ringardes et caduques, je ne cesserai jamais de les répéter. 
Dans un poème de « La Légende des Siècles » intitulé « La Conscience », Victor Hugo consacre une centaine de vers sur le remords de Caïn, poursuivi par un Å“il omniprésent. Caïn ira jusqu’à s’enterrer vivant. Il sera l’exemple de tout homme incapable de fuir sa conscience : « L’Å“il était dans la tombe, et regardait Caïn ». On croit, à tort, qu’en évitant le regard de sa victime on échappe à celle de sa conscience, mais ainsi on ne fait qu’ajouter à la cruauté de l’acte la couardise de la conduite.
 

Guerre des passions
On ne peut pas vivre sans amours, sans ardeurs, sans penchants pour quelqu’un, pour une cause mais la passion, on le sait, vous empêche d’avoir la faculté de discernement.
Tant que ce sont les passions et non le bon sens qui guident les opinions, tant que ceux qui soutiennent un des deux camps, le font de loin assis confortablement dans leur quotidien, tant que les victimes ne sont pas également traitées, ce conflit perdurera. Les discours polarisés, les arguments valables unilatéralement, les intransigeances criminelles, les entêtements aux conséquences funestes conduisent les populations civiles – au cas où on retrouverait leurs cadavres – droit vers les cimetières.

Guerre des mémoires
J’ai lu dernièrement « Suez 1956, Naissance d’un tiers-monde » de Marc Ferro paru en 2006 chez Complexe Ed. Je vais peut-être dire une bêtise, mais tant pis. Aucun acteur de cette affaire n’avait une vue globale de ce qui avait précédé les événements qui ont abouti à son déclenchement. Le comportement de certains dirigeants révélait leur ignorance de faits pourtant concomitants et directement en cause. Ce qui se passe maintenant à Gaza, ou ailleurs, ne sera connu dans le détail que dans deux decennies. Vous aurez entre-temps oublié Gaza 2009, sauf si vous êtes historiens, fin politiciens, parents de victimes ou anciens combattants, les autres seront devant leur télé à suivre dans le journal du soir les dernières nouvelles d’un autre conflit, un film ou un match de football !!! 
Dans « Les Grands dossiers des Sciences-Humaines » N°13 daté déc-2008/jan 2009 » Marc Ferro écrit que lors du tournage du film documentaire Verdun (1966), les réalisateurs Daniel Costelle et Henri de Turenne : « Ont fait se rencontrer à Verdun des anciens combattants français et allemands. Que c’est-il passé ? Ils s’étreignirent en pleurant ! Cette scène confortait mon intuition selon laquelle ces anciens soldats en voulaient au fond plus à ceux qui les avaient envoyés à la guerre qu’à leurs ennemies ».
Tout cela est à méditer.


Guerre des images
Les enfants qui meurent par un tir de mortier, qui disparaissent sous les bombes, qui crèvent de faim, qui décèdent de SIDA…me fondent le cœur. Une mère qui cherche ses enfants dans une morgue, un père qui tient son bébé sans vie, une petite fille qui gémit de douleurs…Qui peut voir ces images intolérables à longueur de journée ? Les chaines devraient arrêter de diffuser ces images au grand public. Le premier jour c’est choquant, le lendemain c’est attristant, le troisième jour les spectateurs se sont habitués et c’est exactement ce qui ne devrait pas arriver. La banalisation est le pire ennemi de l’humanité. 
Les criminels savent, qu’après une période de vives émotions, leurs délits quittent la Une des journaux pour régresser en priorité…la diplomatie – machine d’une inertie déconcertante – fait écran, les forfaits se poursuivent, entre temps, les civils continuent de mourir.
Je suis photographe donc bien placé pour connaitre le poids des photos mais aussi leur pouvoir traumatisant. Lors de la guerre du Vietnam, les groupes d’opposition ont projeté au Sénat américain les photos du massacre de My lai, ignoré à l’époque du grand public. Des décisions furent prises. Oui aux images comme preuves intangibles des crimes et des méfaits commis mais pas d’une manière brute et brutale. A-t-on pensé un seul instant aux enfants et aux âmes sensibles en publiant en pleines pages des photographies d’une telle cruauté, en diffusant en boucle des séquences si atroces ? 
J’avais huit ans quand la guerre du Viêtnam fut devenue le volet principal des informations. Je me rappelle avoir fait plusieurs cauchemars dont un qui m’a plusieurs jours épouvanté au point que je ne voulais plus aller en classe. Je me souviens avoir raconté à mes parents qu’un bateau allait venir accoster devant l’école – bien que située à une trentaine de kilomètres de la côte ! – pour nous emmener à la guerre !!! Mes parents ont su me rassurer. J’ai repris le chemin de l’école en devenant viscéralement un anti-guerre. Qui aujourd’hui prends la peine d’expliquer à ses enfants, sans passions ni parti-pris, ce qui se passe en Palestine ?

Nous avons perdu les morts, ne perdons pas les vivants !

Hamideddine Bouali

16 janvier 2009


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« En route vers les jardins du paradis »

J’écris cette chronique le 1er janvier 2009 et l’horloge de mon PC indique 3h’45 du matin. La fête est finie, la trêve aussi, la vie reprend ses droits avec ses larmes et ses rires. On oublie souvent qu’il n y a pas de bonheur sans tristesse…sinon comment le savoir qu’on est heureux !!! (Cette citation est de moi). Mais il est fort possible qu’il est une quiétude sans animosité et celui qui a dit : “Si vis pacem, para bellum”, (si tu veux la paix, prépare la guerre) est sûrement soudoyé par des marchands d’armes !!! 
Certains m’ont voulu d’avoir écrit la dernière chronique. Mais que croyaient-ils ? Que je ne voulais pas protester. L’unique manière efficace de le faire est, à mon avis, de travailler davantage, sauf bien évidemment pour les ouvriers des usines d’armement qui, eux, devraient non pas faire grève mais chercher un autre boulot. 
Oui je proteste…La preuve ! Je suis à ma troisième chronique en l’espace d’une semaine alors que la moyenne était d’une publication par quinzaine. Faites-en de même et vous verrez que votre rage, votre douleur et votre envie de crier seront canalisées et surtout utiles. J’ai écrit d’un seul trait ma chronique à propos de Gaza, dans un accès de colère en ne faisant pas attention au style…en me lisant tout de suite après j’ai éclaté en sanglots.
Ce jour-là, le record des connectés par jour fut atteint (83).Plusieurs d’entres-vous m’ont appelé pour me dire comment et combien ils ont été touchés à leur tour par ce texte et par la remise en liberté, même si cela n’est que symbolique de la Palestine, par le biais de ma photographie que j’ai déposée dans le domaine public. Il aurait fallu attendre 25 ans après ma mort pour qu’elle le soit. Beaucoup l’ont téléchargée pour la mettre en fond d’écran de leur ordinateur d’autres l’ont compressée pour l’envoyer par sms à leurs amis…merci de contribuer à l’émancipation de cette photographie. Un ami, fou d’oiseaux dont le pseudo est Chardono-Tunis, et qui tient un forum, indique dans son forum où la photo en question – intitulée Palestine ! – pourrait être vue et téléchargée. Je lui rends la pareille. Si vous voulez tout connaitre à propos du chardonneret – qui pourrait être ce petit oiseau qui sort de l’objectif seulement en présence d’enfants remuants – allez sur le site : http://chant-chardonneret.activebb.net.

Jacques Pochart, fidèle lecteur de Belgique, réagit à la chronique intitulée : « Il n y a pas de mains pour me caresser le visage » par ces mots : « Vous êtes un vrai magicien…….je suis abonné au web depuis des années, la photo me passionne…et ce n’est qu’aujourd’hui et grâce au magicien Bouali que je suis allé visiter la toile pour y faire plus ample connaissance avec Giacomelli, merci mille fois pour cette invitation muette. Quelle découverte, quel homme, quelle simplicité, quelle poésie, quel amour du prochain et de l’humanité…Merci aussi pour votre chronique familiale qui chaque fois nous oblige à plonger dans nos propres souvenirs et à faire le tour de notre propre famille et des relations et des souvenirs…». 
Je continu à vous faire partager les photographies qui ont influencé ma pratique…mon seul mérite est de ne pas les avoir oublié.

Eugene Smith (1918-1978)
Photographe de guerre ayant porté la profession à un niveau de conscience et d’éthique sans précédent, Eugene Smith pratiquait la photographie beaucoup plus qu’une mission, un véritable sacerdoce. Son père qui s’est suicidé après avoir fait faillite fut scandaleusement évoqué dans la presse, Eugene se fit la promesse qu’il fera du métier de photographe une profession propre. Sévèrement blessé à Okinawa le 22 mai 1945 par un tir de mortier qui lui déchira la joue et la bouche, il gardera des séquelles à la main gauche. Encore convalescent, Eugene Smith s’empare de son appareil photo et s’en va dans le jardin de l’hôpital – là où il se fait soigner – pour réaliser cette simple et magnifique image. Sa démobilisation fut salutaire. Il abandonna la photographie de guerre pour se consacrer à la photographie humanitaire. Une photographie militante, mise au profit des laissés pour comptes, des victimes et des missionnaires, avec comme forme l’essai photographique; un genre qu’il a inventé. La vie d’un médecin de compagne, le quotidien d’une sage femme, la mission du Dr Schweitzer en Afrique sont avec Minimita (que nous évoqueront bientôt) ses plus célèbres témoignages. 
«A Walk to Paradise Garden» (En route vers les jardins du paradis). PHOTO Eugene Smith 1946
Il est difficile de ne pas sentir l’effet tunnel de lumière auquel font allusion tous ceux qui ont failli passer de vie à trépas en revenant avant le point de non-retour en regardant « A Walk to Paradise Garden » (En route vers les jardins du paradis). Il parait que l’on se sent attiré par une lumière aveuglante et une sensation de plénitude – jamais ressentie auparavant- vous envahit. Ce couloir, dernier chemin de vie et d’où on commencerait à entrevoir l’au-delà n’est qu’une hallucination due au profond état d’inconscience atteint. Il me semble qu’au moment où la vie finit, on ne se sentirait pas dans un corridor mais dans un toboggan…et il n’est plus, bien évidemment, question de revenir en arrière, la volonté étant défaillante. 

Cette photo pourrait être aussi considérée comme une allégorie du début de la vie. N’avons-nous pas là une incarnation d’Adam et Ève se baladant dans le jardin d’éden ? Ou découvrant pour la première fois la féerie de l’ici-bas ? Quand on sait que ces deux enfants sont les siens, on comprend mieux l’état d’âme du photographe. N’est ce pas à travers notre progéniture que l’on réussit à vaincre notre phobie de la mort ? C’est la seule explication possible, bien que déraisonnable, qu’en temps de guerre ou lors des grands fléaux l’on enregistre le taux de natalité le plus élevé.  
Il est fort probable qu’Eugene Smith a mis totalement en scène cette photographie, cela n’empêche qu’il nous offre une illustration définitive de la vie ; son incomparable beauté et son inestimable valeur. La trouée, semblable à un arc du triomphe, d’où passent les deux enfants, leur taille relative – le garçon un peu plus grand que la fillette- ainsi que leur démarche déterminée donnent une impression de majesté mais aussi de stabilité. 
Avec deux enfants, un jardin et un immense et profond amour de la vie, Eugene Smith a tout résumé. 

Cette photo connote que chaque instant pourrait être le dernier vécu…mais aussi que ce monde où nous vivons est fabuleux, malgré tout. Il y a encore tant de gens à connaître, de choses à voir et de moments à vivre comme si nous étions des nouveau-nés. A Walk to Paradise Garden » n’est-ce pas où nous étions avant d’être là et là où nous espérons (pour ceux qui croient) y aller quand tout sera fini ? 
Voyager I, la sonde envoyée il y a une trentaine d’année à la rencontre d’éventuelles civilisations extraterrestres, emporta le meilleur de l’humanité ; des symphonies, des textes littéraires, des photos de paysages terrestres, des portraits, des sons gravés sur un cd-rom, 110 images et 1h30 d’enregistrements analogiques. “A Walk to Paradise Garden” aurait pu très bien illustrer la pochette : car cette photographie est à la fois une admirable invitation à visiter la terre mais aussi une preuve du génie de ses habitants.

Ce texte est dédié aux enfants de Gaza qui nous ont quitté trop vite…privés de connaitre – davantage – cette terre qui ne manque pas d’attraits.


Hamideddine Bouali
6 janvier 2009
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Au moins une Palestine sera libre

Je ne comprends rien à la politique, cela est très compliqué pour moi. Les images que j’ai vues ce dimanche m’ont troublées outre mesure, non pas parce qu’elles étaient d’une grande violence, mais parce que cela se répète…rien n’a changé.
Depuis que j’ai commencé à comprendre, il me semble que je suis en train de revoir les mêmes images, les mêmes tristesses, les mêmes réactions…Puis les mêmes oublis.
Je hais la politique parce que la politique s’en fout des personnes, des individus et des identités… Je n’ai jamais aperçu un peuple et vous ? Mais j’ai vu un enfant le visage ensanglanté, sans vie, emmené trop tard aux urgences.

Cette victime – d’un crapuleux calcul, d’un macabre marchandage, d’une escalade de la terreur accomplit derrière des bureaux calfeutrés ou dans des salles d’état major par des hommes sans scrupules – m’a bouleversé.

Encore une fois j’ignore les tenants de ce qui se passe maintenant à Gaza, je ne veux d’ailleurs pas le savoir ! À quoi bon ? Mais les aboutissants sont là.
Qui ose, en plus d’avoir été tueurs d’enfants, d’en justifier l’acte ?
Aucun militant de n’importe quelle cause n’a assez de force pour venir consoler une mère qui vient de perdre son enfant.

L’assassinat d’un enfant c’est toujours un triple meurtre ; on aura sur la conscience (si en en a une), en plus, celle des parents qui ne réussiront jamais à en faire le deuil.
La guerre ! Le mot même me fait peur. C’est le mot le plus détestable que je connaisse…cela sonne comme le rugissement d’un carnassier ; onomatopée « grrr » qui donne froid dans le dos.
Je ne prends aucun parti, j’ignore les raisons, je ne veux pas entendre parler d’auto-défense et de ripostes, de frappe chirurgicale et de tir de représailles…tout cela ce sont des mots, des stratégies et des stratagèmes…que valent-ils devant la perte de la vie ?

Aucune manifestation n’a fait renoncer des assassins à commettre leurs ignobles actes, pas un poème ni une chanson n’ont pu remettre en question les desseins infâmes des criminels. A quoi cela servirait de brûler un drapeau, de crier sa haine, de défiler si ce n’est pour calmer sa propre conscience ?…Les monstres en sont insensibles puisqu’aveugles, sourds et déterminés.
Croire le contraire c’est les considérer comme des êtres humains !!!
Ah oui ! Nous sommes bien à notre aise ici, moi devant mon pc, et vous dans votre chez-vous, alors que dehors le calme règne, mais qu’endurent tout ceux qui dorment d’un seul œil, ceux pour qui le quotidien est plus hasardeux qu’un jet de dé ? Ceux qui peuvent devenir orphelin, veuf, handicapé, ou gisant six pieds sous terre…en dehors des statistiques normales. En Palestine la notion d’espérance de vie est doublement enviée !!!

Palestine, Photo Hamideddine Bouali, Tunis 1988. Depuis le 27 décembre 2008 elle est tombée dans le domaine public, donc libre de droit.

Cette photo que j’ai réalisé en 1988 je l’a mets dans le domaine public, elle sera donc libre de droit. Elle sera à tous, sans royalties, ni droit d’auteur, ni autorisation préalable, elle vous appartient faites en ce que vous voulez ; commentaires, trucages, manipulations, jetez-la à la poubelle, signez-là de votre nom…au moins elle, elle sera libre. Libre de circuler entre les ordinateurs, libre de passer de réseaux en réseaux, libre de figurer chez chacun. Téléchargez et diffusez le plus possible.
Oui même cet acte n’a aucune influence sur la situation, j’en suis bien conscient.
Cette photo me brûle les doigts, je n’en veux plus, comme un oiseau en cage que l’on libère non pas pour son bien mais par amour de la liberté.


Hamideddine Bouali
29 décembre 2008
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Questions de temps

Temps d’écouter
J’ai reçu un e-mail m’invitant à une visite guidée de l’exposition « Distance et proximité» organisée par le Goethe Institut de Tunis(1). Mais, je me suis trouvé dans une situation surréaliste puisque j’ai dû écouter une phrase dans la langue de Schiller puis sa traduction dans celle de Rabelais pour pouvoir la comprendre en arabe (je le suppose ! En fait, a-t-on tranché cette question existentialiste de savoir dans quelle langue saisissons-nous les choses… !). Entendre une phrase du genre: « Thomas Ruff photographie les détails des intérieurs de maisons et en a fait un style… » ou encore : « Cette photographie qui parait ne mettre en scène qu’une salle vide est en fait celle qui a connu un grand événement historique : la division de l’Allemagne lors de l’Accord de Postdam ». Et pour finir, entendre : « Gurski est un des photographes les plus connus et les plus côtés [sans aucune autre justification]…il photographie les gens dans des espaces immenses car encore enfant et habitant la campagne il avait peur d’être rejeté » sont des commentaires qui ne valaient pas le déplacement. Je ne dirais pas « fin de citation » puisque il pourrait y avoir dans ces immenses salles du Palais Keireddine des échos maléfiques qui auront dénaturé les paroles de cette jeunes allemande venue spécialement de Germanie pour nous expliquer, soit ce qui était devant nos yeux soit de justifier maladroitement ce qui n’avait pas lieu de l’être. C’est ce que l’on inflige souvent à l’art contemporain : un discours essayant de lui faire dire ce qu’il n’a jamais prétendu revendiquer
… L’art contemporain se contente d’affirmer qu’il est là…Tout simplement.

Temps de faire
Dans ma dernière chronique(2), j’évoquais le grand photographe Avedon à travers une description du portrait qu’il avait réalisé du sénateur Obama, aujourd’hui, je viens vous parler d’une autre image signée aussi Avedon.

Dovima et les éléphants. Richard Avedon. 1955

Cette photographie révèle une grande maîtrise, aussi bien de la technique que du langage photographique. D’abord, rares sont les personnes qui remarquent que ce cliché est en noir et blanc tant la force qui en émane bouscule notre quiétude bien avant que nos cônes et nos bâtonnets de notre rétine ne s’en rendent compte ! Le contraste poussé à outrance dans le choix des éléments de composition est si intense que la palette chromatique est devenue comme par magie une question secondaire. Le modèle est d’une grâce féerique. Profil hautain et snob, cou interminable, décolleté audacieux, corps enveloppé dans un fourreau sombre, Dovima, mannequin de chez Dior, semble charmer (étymologiquement cela s’entend ensorceler) que ce soit ceux qui regardent son dos ou ceux qui contemplent sa face.
Certains ont vu dans cette image une évocation du conte de Jeanne-Marie Leprince : La belle et la bête…ils se sont trompés. Ou alors nous les avons mal compris…qui est la bête et qui est la belle ? Ces éléphants sont-ils furieux ou pris de panique ? N’avez-vous pas l’impression que nous autres spectateurs sommes en fait de part et d’autre de Dovima…nous aussi, sommes enchainés, démunis, incapables de faire quoi que ce soit devant cette créature mi-ange mi-démon. Les allusions mythologiques ou érotiques que suscite cette photographie sont innombrables…
Avedon, contrairem
ent au portrait d’Obama qu’il nous livrait tel quel, se faisant passer pour un Photomaton de hall de gare, se place ici dans le fauteuil du metteur en scène ; disposant les composantes de son image à sa guise pour nous en faire voir de toute les couleurs…

Temps de crise
Claude Perez revient occuper les cimaises de l’Aire Libre d’el Teatro(3). Je l’ai déjà dit et je le répète, ses récentes photographies n’ont rien à voir avec ses œuvres antérieures. Une raie de lumière se réfléchissant dans la mer, un personnage passe, à pas lent, en course ou nous offrant son profil et hop une photo…c’est dans la boite coco. Le photographe « s’amuse », après, à les multiplier à l’endroit à l’envers…à satiété. Permettez-moi cette analogie, de loin cela fait une série de motifs donnant un certain effet papier peint.
Personnellement je n’ai ressenti aucune émotion devant ces photographies-puzzle que l’on accole tète bèche, ou en frère siamois !!! Tout cela est une question de goût, mais quand on lit la liste des œuvres exposées on est surpris (moi en tout cas) de lire que vous pouvez devenir possesseur de cette œuvre pour 3500 dinars. Là, nous sortons du domaine des opinions et des préférences pour entrer de plein pied dans celui de l’économie. Nous n’allons pas faire la somme du prix du tirage, du cadre, de l’amortissement de l’appareil photo, des frais de déplacements, du pourcentage à concéder à la galerie en cas de vente…Non cela serait déplacé ! Puisque en fin de compte nous pourrons trouver, par simple soustraction, la valeur du travail artistique.
Mais, jetons un coup d’œil à la cote de quelques photographies vendues aujourd’hui en France. Avec 3500 dinars, un peu plus de 2000 €, vous pouvez vous offrir (pour les fêtes de fin d’année) ou vous permettre d’accrocher dans votre séjour un Portrait d’un enfant déguisé en arlequin réalisé par Lucien Clergue (tirage argentique signé par le photographe de format 22 X 28,5) à 280 €, pour 300 € vous serez l’heureux acquéreur d’un superbe Nu académique de Jean François Jonvelle ( tirage de format 30 X 40 cm avec cachet à sec officiel du photographe) ajoutons dans le caddy une œuvre de Mario Giacomelli intitulée La Buona Terra (tirage au platine signé, de format 15 X 10 cm) à 130 €, allez ! Ajoutons de la fantaisie ! Un magnifique tirage couleur, d’époque, en superbe état de format 20 X 25 cm d’Apollo 10 en orbite autour de la Lune au prix de 130 € (un tirage similaire fut adjugé précédemment à 1000 €). Le restant de la monnaie servira à s’acquitter des frais de port !


Temps d’envoyer vos photos au World Press
Il y a un mois, je découvre une info bizarre sur le site de l’Arab Press Network. « La majorité des images les plus fortes aujourd’hui viennent du conflit qui déchire la région arabe, mais ce sont souvent des photographes non arabes qui prennent ces clichés. « World Press Photo est conscient de l’importance d’encourager et de soutenir les photojournalistes dans leur propre région », assure Michiel Munneke, directeur de la fondation organisatrice du World Press, qui explique que la fondation est actuellement engagée dans des programmes de formation pour les photographes en Égypte et au Maroc, et a pour projet de mettre en place des sessions de formation au Moyen-Orient.…Les inscriptions au concours World Press Photo sont ouvertes et, cette année, les photojournalistes arabes sont fortement encouragés à participer et à exposer leurs talents…Pour l’édition 2008 du concours World Press Photo, nous avons vu une augmentation de 28 % du nombre de participants du monde arabe, mais nous restons néanmoins convaincus qu’un plus grand nombre de photographes de la région ont la capacité d’entrer dans la compétition », déclare Munneke.
Que cache cette insistante invitation ? Est-ce une des conséquences de la polémique née de la consécration de la photo de Spencer Platt réalisée à Beyrouth en Août 2006 ? J’ai déjà évoqué dans une de mes chroniques que si le prix était mérité, le fait d’inviter à la cérémonie de remise des prix du World Press Photo ceux qui figuraient dans la photo était étrange pour ne pas dire compromettant (4). Aujourd’hui, cette invitation vient confirmer mes suspicions. Le jury allait-il avoir comme consigne de favoriser les participants d’origine arabe ? Y’a-t-il volonté d’inverser les rôles…en lieu et place d’un photographe venu d’Occident pour couvrir un événement, le plus souvent sanglant, en pays arabe, le jury va-t-il consacrer un photographe libanais ou irakien (ou autre) auteur d’un reportage sur les élections américaines ou le crash de Wall Street ? Après le temps de l’orientalisme voilà venu le temps de l’occidentalisme. Si vous êtes photographe de presse envoyez sans plus tarder vos œuvres au World Press Photo, peut-être seriez-vous l’heureuse victime de cette discrimination positive. Edward Saïd n’avait pas prévu cela.
D’ici la date de la parution du palmarès 2008 en février prochain, Mach (Mahmoud Chelbi) me confirme que l’expo du WPP, édition 2007, sera parmi nous en janvier prochain…à suivre.

Temps des bague(ettes) magiques
La rédaction du journal Le Figaro a supprimé de la photo de Rachida Dati, la Garde des Sceaux, une bague de grande valeur. Baptisée « Liens » de chez Chaumet, le bijou est en or gris pavé de diamants, avec deux liens pavés de diamants, ce joyau a été évalué à 15600 €. Information glanée du site Rue89. Débora Altman, responsable de la Une du Figaro a indiqué: “La “Une” parlait du malaise entre Rachida Dati et les magistrats. On a trouvé que la bague se voyait trop et on l’a enlevé pour ne pas que les gens se focalisent sur ça et que ça créé une polémique sur le côté bling-bling. Ça a été fait dans l’urgence, il était 20h29 et on devait boucler à 20h30″. Les forums de discussion ont été juste après la parution de l’information pris d’assaut.

La Une du Figaro du 19 novembre et la photo originale réalisée par François Bouchon le 17 juin 2008

Effectivement, montre en main, cela m’a pris moins d’une demi-minute, avec le logiciel CorelPhoto Paint (TM), pour débarrasser l’annulaire en question de son lourd fardeau. Mais, toute une vie ne suffirait pas pour prendre la lourde décision de retoucher une photographie de presse, censée fournir une information correcte autant que l’article qui l’accompagne. Un acte d’une grande gravité. Je n’ai peut-être pas assez cherché celui, (ou celle !!!) possédant un sens de l’observation et une mémoire photographique aussi précise, ayant découvert la supercherie. Il (ou elle) mérite un satisfecit.
A croire qu’ils sont fous ces Gaulois, pour parodier la bande dessinée Astérix. Un ministre qui ne peut pas s’offrir, ou se fait offrir une bague de grande valeur, sans que le ciel ne lui tombe sur la tête, un responsable de rédaction qui joue à la baguette magique (outil de retouche de Photoshop), un inconnu qui découvre le tour de passe-passe, des internautes qui cherchent dans les catalogues des joailliers le nom du bijou et sa valeur, d’autres qui le comparent aux boucles d’oreilles de Ségolène Royal, alors que quotidiennement – à l’heure du passage des éboueurs – on ramasse des SDF morts de froid…Mais où va la France par Toutatis !!!

Temps de lire
Un grand nombre de personnes se plaignent de la longueur de mes chroniques. S’il est vrai que contrairement aux autres blogs celui-ci se singularise par des textes d’une certaine étendue, il faudrait préciser que la fréquence de publication n’est pas la même. Certains bloggeurs publient un post par jour, d’autres le font sans périodicité particulière alors que du-photographique conserve un rythme d’un texte par dizaine de jours…Amplement le temps de lire et de réagir s’il y a lieu de le faire. La lecture du portrait d’Obama (2) ayant été, dans l’ensemble, agréablement accueillis, je réserverais dans mes prochaines chroniques un chapitre pour lire une photo qui m’a marqué et donc influencé ma pratique photographique.

Hamideddine Bouali
10 décembre 2008

(1) (Ana)Chronique XXXVI ; « Le surmoi de la Photo !!! » du lundi 10 novembre 2008
(2) Chronique XXXVII ; « Ecce Homo » du vendredi 21 novembre 2008
(3) Chronique XXI ; « Une brève histoire du temps » du mercredi 21 mai 2008
(4) Critique V « Image presque parfaite d’un monde qui ne l’est pas ! » du vendredi 21 décembre 2007

N.B. : Vous trouvez que ce blog a du mérite ? Votez pour lui dans la catégorie Meilleure Blog en Français du challenge en cliquant sur ce lien : Tunisia Blog Awards 2008…merci d’avance.


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La théorie du chaos appliquée à l’actualité
et les fractales comme technique de narration
Allez savoir pourquoi un enseignant universitaire, père de famille tranquille – ayant donc une situation sociale enviable – se lance-t-il dans l’écriture d’un roman ? Qu’a-t-il à dire ou à prouver ? Étant le faux-jumeau de l’auteur, donc le mieux placé pour le savoir, je tenterai une explication.

Quelle famille !!!
Bady Ben Naceur écrit dans le journal La Presse du 21 juillet 2008, « Safieddine est le frère jumeau du photographe Hamideddine et dont le père n’est autre que le célèbre historien et défenseur acharné du patrimoine tunisien Mahmoud Bouali. Safieddine est enseignant en économie, à l’université de Tunis, et il s’agit là de son premier roman, sorte de saga mystique et de polar des temps d’aujourd’hui mêlés où comme le disait Georges Simenon: «Tout est vrai, tout a été vécu» et «J’ai envie d’ajouter: pour rien». Ce «tout a été vécu pour rien», justement, c’est le thème essentiel de ce gros pavé d’été que l’auteur très inspiré (surtout par l’éducation du père spécialiste dans le domaine des éphémérides) a intitulé Terre promise texane avec en sous-titre «Sur les traces de Columbia». Mon père devrait être heureux d’avoir dans ce mois de juillet 2008 vu la consécration de ses deux petits derniers, du moins leur quart d’heure de célébrité selon Andy Warhol; Safieddine publiant son premier roman et moi recevant le Prix de Considération Présidentiel en photographie. 

Faux et usage de faux
Quant j’affirme que je suis le benjamin d’une famille nombreuse, j’oublie de préciser que nous sommes, à quelques minutes près, deux à occuper ce rang. Mais la nature étant ce qu’elle est, même pour des frères siamois, il faudrait bien qu’il y est un ordre de naissance. Comme pour l’arrivée d’une course, une courte tête fait la différence. Mais heureusement dans l’état civil, l’ordre d’arrivée n’a pratiquement aucune incidence sur la suite. Le droit d’aînesse est une faveur depuis longtemps abolie. Quinze minutes, c’est ce que mon faux jumeau a vécu de plus que moi, évidement si on commence à compter à partir de la naissance clinique. Mais en absolu nous avons le même âge. 
Je suis le plus à même donc de parler de l’auteur, étant le premier à l’avoir connu avant tout le monde. Safi n’a jamais été un littéraire et s’il avait tenu un journal intime, composé des poèmes pour sa bien aimée ou fredonné des chansons je l’aurais su, non ! il a toujours été un scientifique. Rien ne le prédisposait à signer un roman, peut être une enquête, une contre-enquête, un article scientifique (et il en a produit plusieurs), mais un roman !!! Un ouvrage qui sera sur le même rayon que les œuvres de Barthes (Roland) et Boileau (Nicolas), pour rester dans l’ordre alphabétique ? 

Faux-roman avec un drôle de titre 
Le titre de l’ouvrage de Safieddine Bouali, «Terre promise texane, sur les traces de Columbia », vous invite à un voyage extraordinaire. Le ton est déjà donné par ce titre ambigu. La première préposition – terre promise texane – sonne faux puisque l’on sait que Terre promise est une marque biblique – presque déposée – et n’est pas située au Texas mais en Palestine. La seconde partie du titre est plus terre à terre, c’est le cas de le dire, puisque Columbia s’est crashée. Cette dualité n’est pas un antagonisme pour l’auteur et il la cultive tout le long de ses cinq cents pages. 
Rien n’empêche le vrai d’être incroyable. A commencer par les conclusions de l’enquête menée par la N.A.S.A. sur l’accident de la Navette spatiale qui sont, pour l’auteur, ridicules. D’autre part la fiction – lorsqu’elle est correctement construite – pourrait être prise pour de l’actualité. La narration part en trombe, tout comme une Navette depuis sa rampe de lancement. Mais, le roman se révèle encore plus faux par les niveaux de détails fournis par l’auteur. Adapté à l’informatique, il pourrait donner un fichier à consulter en hypertexte…une formidable application des fractales qu’il a abondamment étudié. Les fractales : une figure géométrique abyssale : à mesure que l’on s’approche de ses contours, on découvre encore des nouveaux détails. Du moins c’est ce que mon esprit littéraire a saisi. Presque à chaque phrase, l’auteur aurait pu insérer une incise où il aurait fourni davantage de détails au lecteur. Le lecteur se sentira Alice, découvrant un monde insolite où des personnes réelles, à commencer par l’auteur lui-même, côtoieront des personnages inventés de toute pièce. Dès les premières lignes l’auteur en personne rencontre, devant la Zitouna, la grande mosquée de la Médina de Tunis, Kobi Tumanski, un touriste perdu cherchant la bonne oreille pour confier un secret. Impossible de lâcher le bouquin avec une entrée en la matière aussi astucieuse. 

I want to believe
Mais qu’est ce qu’un romancier ? Peut-on le réduire à quelqu’un qui raconte une histoire ? Alors nous le sommes tous ! Notre quotidien n’est-il pas fait d’histoires que l’on rapporte, d’anecdotes enjolivées et de souvenirs idéalisés ? Effectivement nous avons tous, avec plus ou moins d’habilité, la faculté de reformuler, de chercher des synonymes pour nous approprier les sujets d’autrui. En chacun de nous il existe une part du fdawi. Mais être écrivain c’est plus que la faculté de raconter une histoire…un écrivain doit produire du romanesque.
J’ai souvent trouvé la série X-files d’une grande justesse sur la nature humaine. Dans cette série les deux principaux personnages incarnent les deux parts indissociables de chacun d’entre nous, le rationnel et l’irrationnel. 
Je suppose que cette part est encore plus pertinente chez l’auteur de ce roman. La narration semble le fruit d’une Scully ; tout est là : dates, lieux, protagonistes, puis en tournant la page c’est Mulder qui prend la relève pour donner libre court à des suppositions, des digressions et des ouvertures inattendues sur d’autres sujets. Ce roman alterne les pages purement documentaires ; le lecteur saura tout à propos des avions de l’armée de l’air israélienne, du vol de la Navette spatiale, de Christophe Colomb, du bombardement de Hammam- Echatt, du mécanisme du lobbying à Washington…pages qui pourraient être citées en référence dans n’importe quelle étude scientifique. Au recto de ses pages suivent les spéculations d’un passionné, les suppositions d’un romancier bien inspiré et d’un auteur qui ne s’interdit aucun sujet de dissertation.

Vrais événements et fausses théories
Nés au début des années soixante, nous avons grandis avec des mythes et les insolites théories y afférentes. Effectivement tout mythe est indissociable d’une part de mystère. Kennedy et son assassinat, Marilyn et son étrange suicide, Robert Kennedy et Martin Luther King exécutés à quelques mois d’intervalles, l’Homme sur la Lune et les preuves qu’il n’y a jamais mis les pieds, l’attentat contre Jean-Paul II par l’illuminé Ali Akça, et puis l’accident de Diana et le 11 septembre. Et puis citons pêle-mêle ; le triangle des Bermudes, les statues géantes de l’île de Pâques…les inscriptions géantes des Incas…Tous ces évènements et les histoires qui les relatent ont occupé nos esprits sans discontinuité. 
Abreuvé de lectures dès nôtre jeune âge, comme tous les membres de la famille Bouali, par un père historien-archiviste-bibliothécaire-éphéméridiste, les livres furent des imagiers, des aides à l’apprentissage, des appoints pour la scolarité, des approfondissements au cursus universitaire et un occupe-temps. Le livre fut un septième frère. Nous avons grandis avec des dates, des noms propres de personnalités et de lieux, des connexions et des liens entre des faits historiques. C’est le rôle de l’historien que de construire une machine à remonter le temps permettant le passage d’une époque à une autre…sur des passerelles qu’il a lui-même établies.  
Pour un esprit curieux, baigné depuis sa tendre enfance par des faits majeurs, une tentative d’explication n’est rien d’autre que la volonté de faire comme les auteurs qui nous ont influencés dans notre jeunesse…
La tentative de mettre de l’ordre dans ce qui parait impossible à ordonnancer. D’ailleurs faut-il tout expliquer ? Tout savoir ? Relier des faits apparemment sans liens apparents ?  

La théorie du chaos appliquée à l’actualité
Le chaos, un désordre que l’on espère comprendre puis calculer pour enfin le prévoir. La forme d’un nuage (d’ailleurs le mot chaos veut dire en latin gaz !), la morphologie d’une foule sortant d’un stade, la tache d’une fiente de pigeon sur le pare-brise…oui rien ne doit nous échapper ! Mettre de l’ordre, ranger, étiqueter alors pourquoi cela ne devrait-il pas être appliqué aux événements politiques, aux faits divers ? Avoir du temps libre pour un scientifique c’est encore et toujours utiliser les outils à disposition pour comprendre le monde. 
Depuis un vaisseau spatial, une navette par exemple, les événements qui secouent la terre doivent paraître bien disparates. Le conflit interminable au Moyen-Orient, Columbia qui crashe, un officier israélien, le bombardement de Hammam-Echatt, une liste de livre précieux, une rencontre au Vatican, Le Nom de la Rose…peut-on lier ces événements entre eux ? Pour Safieddine Bouali rien n’est impossible, un ordinateur, de la documentation à la pelle pour donner du ressort à ce qu’il avance, quelques nuits blanches et hop il vous livrera tout cela dans quelques centaines de pages bien ficelées. Rapide le bonhomme (pour employer son inimitable style de narration). 
Essayer de tout comprendre puis de tout lier, chercher les causes qui ont engendré les effets que nous lisons dans les Unes des journaux. Chaque moyen d’information est sensé nous rapporter tous ce qui a eu lieu. Depuis les faits divers sur des chiens écrasés jusqu’aux événements qui peuvent changer, plus directement, la face de la terre. On pense à la citation : « Si un papillon battait les ailes à Rio tout le climat de la terre en sera influencé ». Dans ce roman, les faits divers, les faits de sociétés, l’horoscope, les pages politiques, l’éditorial ont été, intelligemment reliés, à la Une : La destruction d’une Navette spatiale. 
Il se pourrait que son roman fasse figure de tremplin ou d’analogie pour une théorie des groupes, une formulation d’une étude statistique…il ne sera pas le premier à avoir introduit une nouveauté scientifique à l’aide d’une branche des sciences humaines. Maxwell n’avait-il pas conçu la théorie cinétique des gaz grâce à une analogie avec les phénomènes révélés par la statistique sociale ? il est allé même jusqu’à comparer «les lois des gaz et de la diffusion de la chaleur avec les distributions uniformes constatées dans les crimes et les suicides».

Vrai plaisir et réel danger
L’auteur est machiavélique, il s’est lui-même impliqué dans ce qu’il écrit, sauvant sa tête d’une rafale d’interrogations, qui sans ce subterfuge, l’aurait mis dans l’embarras. Croit-il vraiment à l’histoire qu’il nous invite à lire ? Si lui, économiste pragmatique et cartésien, prétend non seulement croire à ces coïncidences mais les considère comme une manifestation de La Colère Divine, comment devrait penser le lecteur lambda ? Comment va-t-il se comporter demain avec des coïncidences qu’il va tenter, à son tour, de relever ? Ce bouquin est dangereux, il pourrait engendrer un syndrome. Dans le « Nom de la Rose », les malheureux lecteurs qui ont feuilleté le tant convoité « Poétique d’Aristote » se sont empoisonnés. En humectant leur index, à la seconde fois, ils ont contracté le poison imprégné dans le coin de la page. Safieddine Bouali a fait pire. Chaque lecteur de son livre ne pourra plus lire un quotidien ou suivre un journal télévisé sans se sentir obligé, malgré lui, d’abattre les cloisons séparant les sujets, les thèmes et les lieux. 
On voudra imiter sa démarche, plagier sa performance, copier sa méthode. Mais encore faut-il posséder son savoir et être capable d’une telle narration. 
Son champ d’action s’étale sur 3000 ans, ses héros se baladent sur la terre et dans l’espace, comment a-t-il réussi à faire entrer tout cela dans un ouvrage d’un peu plus de cinq cents pages alors qu’il aurait été plus logique de le voir éditer en plusieurs tomes avec des mois de lectures à la clef ? 

Pour les oliviers de Palestine, rien n’est de trop et celui qui aime n’a jamais compté. 
  
Au fait, pourquoi vous en parler dans ce blog ? C’est que mon frère a dédié un passage – un morceau d’anthologie – pour nous autres photographes. Il s’est penché avec une superbe ironie sur nos manies. Extrait (pages 412-414):

« ….
Rimaldi sourit. La confirmation qu’il attendait lui est délivrée par son ami Edward. 
Personne n’est plus rapide que le détective privé Edward North pour déclencher ! se dit-il.


*

Lorsqu’il pointe son reflex Nikon muni du zoom 50-250 mm, il coupe sa respiration, ne bouge plus, enfonce jusqu’à mi-course le déclencheur, cadre et attend le bon moment. 
4 mn 30 s. d’apnée pour un déclic. Une photo nette et parfaite. 
Ça sert, dit-il d’avoir fait de la plongée sous-marine avec un tuba. Mais, il n’a jamais avoué à ses collègues qu’il fait aussi du yoga pour ne pas trembler lorsqu’il chasse des images. 
Les petits muscles des phalanges qui enfoncent l’index dans le déclencheur de l’appareil ne doivent surtout pas faire trembler l’appareil qui ferait flouter l’image. Plongée sous-marine et yoga sont la parfaite combinaison pour réussir des photos sans trépied. Aucune n’est ratée. 
Il réussit des prises, appareil en mains, jusqu’à des temps de pose de 5 secondes alors que la performance moyenne est de 1/60 s.  
Toute la procédure pour photographier en longue focale très sensible au bougé, Ed. la maîtrise. Même lorsque la lumière est faible. Sans flash.
Mais aujourd’hui il a d’autres contraintes. Il est assis dans sa voiture dans un parking et n’a que 5 secondes pour se préparer à photographier les suspects amenés dans les voitures du FBI de Dallas ; une dizaine de Cadillac, qu’il a répertoriées. 
Ed. North doit réussir toutes ses photos. 
Parce qu’il sait qu’il n’aura pas d’autres occasions pour refaire une autre prise de vue lorsqu’il traque les hors-la-loi capturés par les fédéraux, il a branché, sous son Nikon, un moteur pour prendre plusieurs photos en rafale. Comme ses collègues, il trimballe un sac rempli d’objectifs, de flashs, de moteurs de rechange, de filtres, de films de toutes les sensibilités, de piles au lithium, de mini-trépieds, de mini-brosses à soufflets pour chasser la poussière de leurs optiques, et de bizarreries genre corne de bison pour attirer la chance. 
Les détectives privés ? Des fétichistes pour la plupart. 
Ils savent qu’ils font partie d’une profession singulière et ne confient leurs petits secrets à aucun étranger. 
Chacun a ses petites ficelles du métier. 
Pour faire une photo, Ed. garde toujours ouverts ses deux yeux. Lorsqu’il porte le viseur du Nikon vers son Å“il droit, son Å“il gauche surveille les alentours et cherche sa cible. Son cerveau est alors en mode veille et lorsque la cible rentre dans le champ de visée de l’appareil, son cerveau passe en mode tir avec l’Å“il droit activé. Un fonctionnement similaire à une batterie de missiles anti-aériens. Après un long apprentissage, son cerveau est arrivé à identifier des sujets différents sur chaque rétine.
Un traitement en temps réel de l’information presque en parallèle, leur explique-t-il.  
Ils lui ont avoué qu’ils s’attendent à ce qu’il puisse très prochainement commander d’une manière indépendante les muscles de chaque globe oculaire, gardant son Å“il droit fixe dans le viseur alors que son Å“il gauche fait un mouvement de 180° de droite vers la gauche pour inspecter les alentours tant son self-control est total. D’ailleurs, il méritera pleinement le surnom de Caméléon qu’ils lui ont trouvé. L’animal, lui, a une aptitude innée à contrôler le mouvement de chaque Å“il. 
Mais l’un de ses collègues l’a mis en garde.
-Un après-midi d’automne, ta langue se détendra d’environ 60 cm pour attraper une mouche qui a eu l’audace de s’attarder 2 secondes sur le rétroviseur de ta voiture. Une attaque fulgurante qui ne dure pas plus d’1/10 de seconde, lui dit Ray Saunders, l’air sérieux.
Un de mes jaloux de concurrents, pensa Ed. North. ».

*
Si vous désirez connaître toute l’histoire visitez son site : Terre promise texane  puis offrez-vous son livre chez tout les bons libraires de Tunis.
5 septembre 2008
Hamideddine Bouali
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Nokia versus Nikon
The Photojournalist by Andreas Feininger, 1951- Gelatin Silver – © Time Inc.

Torpeur d’été
Dans ma dernière chronique je vous ai proposé de parler de Cartier Bresson, du dernier appareil photo de la marque Sony, des Jeux de Pékin, de la pleine Lune et de ma propre personne puis de trouver ce qui pourrait unir tous ces sujets. Personne ne s’est rendu compte – ou n’a trouvé intéressant de me le signaler – que je n’ai pas tenu parole, puisque la Lune ne fut pas évoquée.
C’est volontairement que j’ai omis d’en parler. Ce samedi 16 août où Usain Bolt avait battu le record du monde du 100 mètres coïncida avec une éclipse lunaire : disparition momentanée de notre inséparable satellite naturel, et donc logiquement de mon texte. 
Depuis la Lune on n’aurait – pas pu voir – à l’œil nu – Usain Bolt passer la ligne d’arrivée du 100 mètre en 9’’69, mais à quelques lieux du Nid d’oiseaux (le superbe stade olympique de Pékin) on pourra admirer la grande Muraille de Chine ! 

Dépêche d’agence
Helsinki (Reuters) (18.06.2008) – Sony Ericsson a dévoilé mardi le premier téléphone mobile équipé d’un appareil photo numérique de 8 millions de pixels et distribué à grande échelle, symbole de l’offensive des fabricants de combinés contre les constructeurs d’appareils photo….A présent, d’autres fabricants espèrent suivre la voie tracée par Sony Ericsson et menacent l’industrie de la photographie numérique, préservée jusque là grâce à leur capteur haute résolution produisant des images de meilleure qualité… Les ventes de “photophones” ont dépassé depuis longtemps celles des appareils photo traditionnels, permettant à Nokia de s’autoproclamer “premier fabricant mondial d’appareils photo”.

Post d’un blog
Dans le blog « Le Post, le mix de l’info », Sébastien Durand écrit le 28 août 2008, à propos de la publication des états financiers de la firme Kodak ; « Aujourd’hui, Polaroïd a fait faillite et Kodak s’est “allégé†d’un quart de ses effectifs mondiaux (à terme, on parle de 60% des emplois supprimés !) et d’une bonne partie de ses réserves monétaires. Mais la marque peine néanmoins à retrouver un cash flow convenable et surtout, elle n’a plus aucune “vistaâ€. Elle s’est recentrée sur le service aux professionnels et sur les appareils photographiques numériques où elle n’est qu’un acteur parmi d’autres et de plus sur un marché lui aussi probablement condamné par l’émergence des téléphones mobiles dotés de bonnes capacités photo… ».

Petite confusion 
À part obtenir dans les deux cas des photographies, quelle autre point commun pourrait réunir un téléphone portable et un appareil photo ? Puisque dans les paragraphes précédents on ne fait aucune distinction  entre un petit compact d’entrée de gamme et un réflexe numérique à plusieurs millions de dinars ? Ainsi une petite Fiat 500 et le dernier bolide de Bugatti se valent puisque ce sont deux moyens de transport ! Proclamer Nokia 1er fabricant d’appareil photo, c’est se permettre aussi d’affirmer que la Poste est le premier éditeur avec son annuaire ! 

Les statistiques des ventes d’appareils photos numérique dans le monde sont formelles : « Canon arrive à la première place du marché mondial photo en 2006. Les ventes d’appareils photo ont augmenté de 14,5% (106 millions d’exemplaires). Les reflex ont vu leurs ventes grimper de 39% à cinq millions d’unités en 2006 ».
J’ai déjà essayé de faire des photos avec un portable, je me suis senti frustré par le manque de souplesse et la quasi-inexistence de réglages. Comme combiné téléphonique, je me suis habitué mais comme appareil photo je me suis rappeler tenant pour la première fois un bébé !
Avec un téléphone c’est exactement cela ! Comment s’y prendre ? Où mettre les doigts ? Où viser ? Sur quoi appuyer ? Je n’ai pas réussi à tenir cet objet comme un vrai appareil photo. 
Une photo ? Appuyer et c’est tout ! L’argument marketing est racoleur mais valeur photographique zéro sur la toute la ligne (téléphonique). Si les festivals de films réalisés par téléphone portable se multiplient, je n’ai en revanche pas encore feuilleter d’albums de famille (le plus grand consommateur de photographies toute catégorie confondu) constitués par des images de photophones.
Autre grands consommateurs de photos, les agences et les professionnels free lance. Imaginez-vous un instant les membres de l’agence Vandystadt (spécialisée dans le sport) ou ceux de Gamma se baladant avec des téléphones en guise d’outil de travail ! « Je vous rappelle plus tard, j’ai un scoop »… « Ne quittez-pas ! je règle les spots».  
Je pense que même pour un amateur occasionnel, il est préférable d’acheter un appareil photo ET un téléphone portable…même en cas de vol ou de panne on ne perds pas tout. Ce conseil est aussi valable pour les trois-en-un (all in one) imprimante-scanner-copieuse…fax. Question prix et encombrement c’est pratique puisque une seule installation et moins de connectique, mais toujours le même défaut : « Un être vous manque et tout est dépeuplé ! ».

Je reprends du service
Depuis les débuts de ce blog (juin 2006) j’ai rarement évoqué le matériel photo, aujourd’hui j’en parle car j’ai la sérieuse intention de reprendre du service. Depuis 2001 je n’ai pas photographié et je ne me suis jamais efforcé à le faire. Ma photographie est une passion, elle ne se commande pas. J’ai plein d’idées et je publierai au fur et à mesure de leur réalisation quelques photographies…mais encore faut-il trouver l’appareil photographique qui (me) convient.
L’offre est multiple et chaque fabricant propose pour le créneau de prix que je me propose de réserver à cet achat une gamme de boîtiers et d’objectifs qui se valent. Côté raison, Canon possède plus d’arguments, côté cœur j’ai longtemps photographié avec un Nikon ! Mais, Sony casse tout avec un 14 Méga pixels dont le prix est imbattable pour le moment.

Choix et embarras
J’hésite donc entre l’Alpha 350 de Sony, le Nikon D60 et le Canon 300D…Il faut que je me décide vite, car à force d’hésiter, je risque de rater cette fenêtre de ferveur qui s’est ouverte. La pire des situations c’est d’avoir une belle bête entre les mains et de se dire : « maintenant qu’est ce que je vais en faire ? ». Quant on ne possède pas de voiture, on rêve de balades à travers champs et de se faire plaisir loin de la ville, mais le jour où on en possède une – Fiat 500 ou la Bugatti – on ne sait plus où aller.
30 aout 2008
Hamideddine Bouali
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