HTML5 est-il prêt ?

Le 12 September 2011 par JB Boisseau

Alors que nous en parlons sur ce blog depuis 2007, HTML5 est devenu cette année une technologie incontournable dans les medias plus ou moins spécialisés. A juste titre ? Pas si sûr…

Où en est la norme ?

La période “Last Call” s’est terminée le 3 août. Cela signifie donc qu’on ne devrait plus voir de changements très importants dans la norme à l’avenir.

Quand cela sera-t-il terminé ?

La question, bien que légitime, n’a pas vraiment de sens ni d’importance dans le cas d’HTML5. D’un point de vue officiel, cela sera le cas quand 2 navigateurs supporteront 100% de la norme de manière interopérable… ce qui n’est, semble-t-il, jamais arrivé pour HTML 4 !

Quand pourrais-je m’en servir ?

Là encore, question légitime… mais sans véritable signification pour le moment ! Il ne faut pas considérer HTML5 comme un tout monolithique vers lequel il faudrait migrer du jour au lendemain, mais plus comme d’un ensemble de fonctionnalités dans lequel il est possible de piocher. La bonne question serait donc “telle fonctionnalité de HTML5 est-elle mûre pour telle utilisation ?”.

Comment savoir quelles fonctionnalités sont utilisables dès aujourd’hui ?

En testant les navigateurs cibles sur le site HTML5 Test  (il existe également des tableaux de comparaison mais c’est en général, moins à jour et moins sûr). Vous êtes en effet dépendant des navigateurs qu’utiliseront vos visiteurs… sachant que chaque navigateur supporte des fonctionnalités HTML5 différentes, ce n’est pas forcément simple.

Etant donné qu’IE8 ne supporte presque rien, autant faire une croix sur HTML5 pour le moment, non ?

C’est souvent vrai mais pas toujours. HTML5 peut vraiment valoir la peine dans certains cas…

Quand HTML5 vaut-il la peine d’être mis en place ?

Quand vous développez un site pour Smartphone ou tablette : la plupart des navigateurs de ces plate-formes supporte un grand nombre de fonctionnalités. Quand vous travaillez sur une application où vous pouvez imposer un navigateur à vos utilisateurs (c’est par exemple parfois possible en contexte d’entreprise). Quand vous proposez une version alternative du site (ou de la portion de site) pour les navigateurs ne supportant pas les fonctionnalités HTML5 que vous utilisez. Pour faire de petits développements d’applications mobiles avec des frameworks tels que Phonegap : je parle bien là d’application à installer, pas de site mobile.

5 moyens de se débarrasser de la dette publique à l’épreuve des faits

Le 15 August 2011 par JB Boisseau

solidus

Il y a environ un an et demi paraissait dans ce blog un bref billet rappelant comment de manière historique les états règlent leur dettes. Alors que la crise généralisée de la dette publique est désormais une évidence pour tous, il est intéressant de voir comment ces leviers ont été utilisés jusqu’à présent.

1- L’inflation

L’inflation est une arme redoutable de réduction des dettes : pour faire simple, tout augmente (vos coûts mais aussi vos revenus) sauf le montant de vos dettes qui vous coûtent donc relativement moins cher. Ce fut l’arme employée (volontairement ?) en 1947 par les USA pour liquider l’énorme dette accumulée pendant la seconde guerre mondiale.
Jusqu’à présent, personne ne l’a franchement utilisée, du moins pas directement. Pour le moment, l’inflation est limitée parce que les coûts (matières premières) montent mais que les revenus ne suivent pas en proportion. Du coup, la consommation patine et la croissance trinque.

2-  La planche à billets

La planche à billets, c’est ce qu’on appelle techniquement “monétiser la dette” : soit grosso modo, imprimer des billets pour payer la dette des états. Après avoir déclaré pendant des mois que cela ne se ferait jamais, que c’était contraire à ses statuts, la Banque Centrale Européenne a cédé en mai 2010 et a commencé à racheter des titres de dettes certains pays (Irlande, Grèce puis Portugal, Espagne et Italie). Elle en remet une couche aujourd’hui. Les américains avaient eu recours à cette politique dès 2008 et ont continué tranquillement avec l’opération “QE2″ de la Fed…

3- La renégociation de la dette

Longtemps reniée par la plupart des décideurs politiques mondiaux, cette solution radicale fait de plus en plus parler d’elle : elle a commencé à être utilisé dans le cas grec de manière marginale… mais pourrait l’être à l’avenir de façon beaucoup plus massive comme le fit l’Argentine en 2004.

4- L’excédent budgétaire

Cela reste, de manière incompréhensible, l’outil de réduction de dettes privilégié par un grand nombre de chroniqueurs économiques. Dans un monde économique parfait, on pourrait les comprendre (le remboursement “normal” des dettes paraît en effet la solution la plus saine et la plus respectueuse des prêteurs), mais la dette de la plupart des états occidentaux a dépassé depuis longtemps les bornes rendant cette seule solution envisageable.

5- Le miracle

Nul doute que nous entrons dans une ère économique, politique et sociale agitée : bien des événements “non-conventionnels” peuvent y surgir. Guerres ? Nationalisations forcées ? Découvertes de ressources naturelles lucratives pour l’état ? Autant de choses susceptibles de changer la donner pour tel ou tel pays, mais qui ne sauraient constituer de solutions universelles.

Rappelons-nous par exemple des multiples astuces trouvées par Constantin pour financer l’empire romain en crise au IVème siècle : dévaluation monétaire, confiscation de la fortune d’ennemis politiques, réquisition des biens des temples, exploitation de nouvelles mines d’or, création de nouveaux impôts… une liste qui peut aujourd’hui faire sourire, mais pour combien de temps ?

Le web mobile en 2010 : l’inévitable croissance

Le 21 June 2010 par JB Boisseau

On nous le promet depuis plus de 10 ans… et le voilà qui arrive enfin dans sa phase de décollage : le web mobile est devenu un vrai marché qui ne va cesser de se renforcer et nous allons décrire ici pourquoi.

Le web mobile semble d’une certaine manière connaître la même histoire que le web de nos vieux desktops avec 10 à 15 ans de retard. Ce n’est bien entendu pas un hasard. En effet, pour qu’un nouveau canal d’information se popularise, plusieurs conditions doivent être remplies :

1 - Construire l’information pour ce canal doit être simple mais souple

Une des raisons du succès de HTML dans les années 90 tient à sa simplicité : il suffit d’écrire un document et d’ajouter quelques balises ici et là pour préciser sa structure. Le protocole Gopher - qui a préexisté au web - avait cette simplicité qui en a fait un des canaux d’information de référence des universités américaines du début des années 90… mais sans avoir la souplesse du couple HTTP/HTML qui l’a rapidement supplanté.

Dès lors, plus il a été simple (et fonctionnel) de créer de l’information sur HTML, plus la domination du web s’est renforcée : avec des outils de création (Front Page, Dreamweaver), des langages de programmation simples (en particulier PHP), les systèmes de gestion de contenus et de manière générale tous les systèmes qui ont abouti au Read/write web d’aujourd’hui… un canal sur lequel, construire l’information est la portée de n’importe qui.

Après quelques années de tâtonnements, le web mobile est en passe d’acquérir cette même qualité. Aux premières années du web mobile qui ont vu s’affronter plusieurs normes (HDML, WML, CHTML puis iMode), le (X)HTML (avec d’éventuelles petites variantes comme le Basic XHTML ou le XHTML mobile profile) impose ses qualités à l’univers smart phone. De plus le parc client a évolué de telle manière (nous y reviendrons) qu’il n’est plus aujourd’hui nécessaire de multiplier les adaptations pour obtenir une site web mobile compatible avec la majorité des clients potentiels.

Donc on peut le dire : produire de l’information pour le web mobile est désormais simple et souple, presque autant que sur le web classique.

2- Le réseau doit être efficace et bon marché

La progression continue de l’usage du web est indissociable de celle des réseaux. Pourrait-on aujourd’hui imaginer qu’il nous faille payer nos connexions internet à la minute de consommation (tout en occupant la ligne téléphonique !) pour des débits misérables ?
C’est pourtant ce qui était demandé il y a encore peu de temps dans l’Internet mobile. Depuis l’arrivée - attendue de longue date - des réseaux 3G, le web mobile connaît la même évolution que le web lors du passage progressif du RTC : la navigation se fait plus fluide et l’on peut flâner en ligne sans trop se poser de question grâce à des forfaits Internet mobile “illimité” abordables.

3- Les systèmes clients doivent être standardisés et répandus

L’évolution du prix et de la qualité des systèmes client (des PC) comptent pour beaucoup dans la consécration du web en tant que média. Pour rappel, un PC de milieu de gamme de 1994 (équipé d’un bon Pentium à 70MHz… alors largement suffisant pour faire fonctionner Mosaic) coûtait autour de ce qui seraient 3000 de nos euros d’aujourd’hui… de quoi réfréner bien des envies de surf sur la toile. Entre temps, les prix ont baissé de manière suffisamment vertigineuse (18% par an en moyenne) pour qu’aujourd’hui  plus de 2 foyers français sur 3 soient équipés d’un ordinateur personnel.

Les smartphones connaissent une trajectoire similaire : le taux d’équipement progresse rapidement grâce à une évolution spectaculaire du rapport performances/prix. Tous les smartphones vendus aujourd’hui disposent d’autre part de navigateurs web suffisamment performants pour gérer des interfaces évoluées (XHTML, multimedia, javascript avancé), ce qui renforce notre point 1 (plus haut) et le point 4 ci-dessous.

4- L’accès à l’information doit être intuitif

La toute-puissance de l’HTML est de mettre l’information souhaitée à la portée d’un clic. Mais l’outil n’aurait sans doute pas eu le même succès sans l’amélioration permanente de la vitesse d’accès à la bonne information : ergonomies améliorées, moteurs de recherche plus pertinents, navigateurs web plus efficaces.

De ce point de vue, l’iphone a incontestablement changé la façon de concevoir la navigation web sur un téléphone et il a probablement constitué le chainon qui manquait jusque là pour faire véritablement décoller le marché (et d’ailleurs 70% des visites web mobiles en France proviennent d’Iphone/Ipod Touch). La navigation tactile et la taille d’écran proposées constituent maintenant des standards pour les concurrents tels les systèmes compatibles Android et autre Winphones.

Le web mobile n’est encore peu de chose (2.5% des visites d’après StatCounter ) mais sa part de marché par rapport à l’ensemble des visites a été multiplié par 4 en un an et demi ! Et au regard des évolutions notées plus haut, ça n’a pas fini de grimper…

5 moyens de se débarrasser de la dette publique

Le 1 March 2010 par JB Boisseau

 Adam Smith disait en son temps : “À un certain niveau d’accumulation des dettes nationales, il n’y a guère d’exemple, je crois, qu’elles aient été loyalement et complètement payées”. L’histoire sur ce point comme sur bien d’autres n’a cessé de lui donner raison.

Or, après la crise immobilière, après la crise bancaire, après la crise économique, voici semble-t-il venu le temps de la crise de la dette publique. C’est aujourd’hui le cas grec qui fait la une, mais nombre d’états supposés plus respectables sont dans de bien pires situations : qui parlait de la dette islandaise avant que son château de cartes bancaire ne s’effondre, qui rappelle aujourd’hui que la dette publique japonaise représente plus de 2 fois son PIB, qui sera prêt demain à remettre en cause l’absurde note AAA de la dette américaine ?

Ce spectre de la dette qui pèse sur nous depuis si longtemps a pourtant plusieurs remèdes historiques, très rarement rappelés par les économistes, parmi lesquels il faudra choisir

1- L’inflation

Plus l’inflation s’élève, plus une dette contractée plus tôt devient simple à rembourser. Avec une inflation de 10%, des revenus de 1000€ passe à 1100€ et des dépenses de 900€ passent à 990€. Si vous deviez rembourser 100€ par mois à votre banque, il vous restera 10€, là où il nous vous restait rien auparavant.

Pour un état, c’est pareil : l’inflation diminue le poids relatif des dettes antérieures (ex : les Etats-Unis en 1947). Certaines politiques économiques et monétaires peuvent largement influer sur cette inflation. Plusieurs économistes comme Jean-Paul Fitoussi y pensent d’ailleurs de plus en plus fort.

Le problème de l’inflation, c’est quand on ne la maîtrise plus : les gens perdent confiance dans la valeur de la monnaie, ce qui transforme l’inflation en hyperinflation, ruine les épargnants et finit par bloquer complètement l’économie du pays (cf. Zimbabwe).

2- La planche à billets

C’est une solution simple : l’état fait imprimer les billets dont il a besoin pour payer ses créanciers. On parle de “monétisation” de la dette (la dette est remplacée par de la monnaie).

Plusieurs problèmes néanmoins à cette méthode radicale (mais utilisée en France pendant les 30 glorieuses) :

- créer de la monnaie sans création de valeur peut provoquer une accélération non maîtrisée de l’inflation (cf. plus haut les conséquences)

- si vous vous êtes endettés en dollars, imprimer des roubles ne vous servira à rien.

- les créanciers ont l’impression de se faire rouler, ils ont un peu raison

- cela dévalue mécaniquement la valeur de votre monnaie par rapport aux autres monnaies… pire, la valeur de votre monnaie peut devenir ridiculement basse sur les marchés internationaux parce qu’elle est alors attaquée par les investisseurs/spéculateurs qui perdent confiance dans votre manière de gérer votre monnaie.

- si vous êtes un pays de la zone euro, vous n’avez ni le pouvoir ni le droit de le faire

3- La renégociation de la dette

Cela consiste à aller voir ses créanciers et à leur expliquer que “bon voilà on ne pourra pas  payer, par contre comme on est sympa on veut bien payer une partie de ce qu’on doit”. Ca ressemble un peu à une faillite, ça ne fait pas plaisir aux créanciers en question, mais ça marche (cf. le cas argentin).

4- L’excédent budgétaire

Une des rares méthodes envisagées par les économistes médiatisés… Si l’état dépense moins qu’il ne gagne, sa dette diminue. Pour passer d’un état de déficit (qui est la règle actuelle pour la plupart des états) à un état d’excédent, il faut réduire les dépenses et/ou augmenter les impôts… ce qui provoque mécaniquement moins de croissance (puisque moins de dépenses) et souvent une rechute pour des pays en sortie de crise.

Autant le dire tout de suite, cette méthode seule n’a aucune chance de fonctionner étant donnée les niveaux d’endettement et de croissance de la plupart des pays occidentaux.

5-Le miracle

Il est possible que certains pays s’en sortent par des miracles plus ou moins provoqués : mettre la main sur des réserves de pétrole insoupçonnées (cf. Norvège, Canada), un miracle économique menant à un fort taux de croissance (diminuant le poids relatif de la dette), l’appropriation par l’état de ressources qui ne lui appartenaient pas jusque là (nationalisation forcée, guerre)…

Une fois que l’on a pris conscience de ces options et de leurs probabilités respectives, l’on comprend que les années qui viennent nous promettent bien plus de surprises encore que celles que nous venons de vivre. Mais j’y reviendrai probablement.

J’aime les geeks

Le 10 May 2009 par JB Boisseau

IT crowds

N’est pas geek qui veut. Je travaille au quotidien avec de véritables specimens de geek bien trempés, et je peux dire que, malheureusement, je ne suis pas l’un d’entre eux. Et je le dis d’autant plus sincèrement que j’ai une véritable admiration pour les talents des vrais spécialistes des techniques du web moderne.

Attention, je ne vous parle pas de passionnés de warcraft, de tweeter ou de facebook, je vous parle de ceux qui maîtrisent vraiment ces technos plus ou moins bancales qui composent la toile d’aujourd’hui. Parce que quand on y regarde de plus près, tout cela n’a pas la rationnalité à laquelle pourraient s’attendre les gens s’intéressant au web sans jamais y mettre vraiment les mains :

- HTML est un langage permissif, mal structuré, parfois incohérent : c’est pourtant bien sur cette base que sont construites toutes les pages web. Il m’arrive même de souhaiter l’arrivée de sa prochaine version.

- Javascript est un langage faiblement typé, qui ne connaît pas la notion de classe et qui n’est pas supporté de la même manière par tous les navigateurs… et pourtant, on se prend parfois à imaginer que c’est le nouveau langage de référence !

- Les CSS sont un véritable cauchemar dès lors que l’on souhaite faire fonctionner quelque chose correctement sur IE6 (voir à ce sujet un article de votre serviteur à paraître dans le prochain programmez… et attendant ce site qui peut s’avérer des plus utiles)

- L’administration système relève parfois de la magie noire, surtout quand on creuse un peu trop. Heureusement, Sébastien Le Ray, collègue qui se surnomme modestement “Dieu”, nous fait part du fruit de ses expériences à mi-chemin entre science et spiritisme. Au programme : administration Unix, Apache, PostgreSQL, MySQL et PHP.

A quel numéro de version pourra-t-on considérer le web comme étant stable ? Sûrement pas la 2.0…





You are viewing a mobilized version of this site...
View original page here

Mobilized by Mowser Mowser